<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes"?><rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"><channel><title>Sante | Dr. Goulu</title><link>https://drgoulu.com/tags/sante/</link><atom:link href="https://drgoulu.com/tags/sante/index.xml" rel="self" type="application/rss+xml"/><description>Sante</description><generator>HugoBlox Kit (https://hugoblox.com)</generator><language>fr-FR</language><lastBuildDate>Tue, 17 Jul 2012 00:00:00 +0000</lastBuildDate><image><url>https://drgoulu.com/media/icon_hu_eee4a95885829ab2.png</url><title>Sante</title><link>https://drgoulu.com/tags/sante/</link></image><item><title>Le rapport suisse sur l'homéopathie</title><link>https://drgoulu.com/2012/07/17/le-rapport-suisse-sur-lhomeopathie/</link><pubDate>Tue, 17 Jul 2012 00:00:00 +0000</pubDate><guid>https://drgoulu.com/2012/07/17/le-rapport-suisse-sur-lhomeopathie/</guid><description>&lt;figure class="alignright" style="max-width: 194px; width: 100%;"&gt;&lt;a href="https://drgoulu.com/wp-content/uploads/2012/07/Homeopathy-in-Healthcare-Bornhoft-Gudrun-9783642206375.jpg" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img src="https://drgoulu.com/posts/2012/images/118d818f731430ad23daa762c4091aed_hu_336585a8449740c8.webp" srcset="https://drgoulu.com/posts/2012/images/118d818f731430ad23daa762c4091aed_hu_336585a8449740c8.webp 194w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 194px" alt="Rapport suisse sur l&amp;#39;homéopathie" loading="lazy" class="rounded-lg shadow-sm w-full h-auto" data-zoomable /&gt;&lt;/a&gt;&lt;figcaption&gt;Jetez ce livre dans une piscine et buvez un verre de son eau : selon le principe de similitude, ça devrait vous soigner de l&amp;rsquo;inconduite scientifique&amp;hellip;&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Sous des titres comme &amp;ldquo;
&amp;rdquo;, la presse suisse a récemment mentionné un 
 dans lequel il démonte point par point le rapport
qui a servi de justification au remboursement de l&amp;rsquo;homéopathie par l&amp;rsquo;assurances maladie obligatoire en Suisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En tant que citoyen suisse, je suis effaré que mon gouvernement apporte sa caution à un rapport clairement partial voire frauduleux et réintroduise l&amp;rsquo;homéopathie avec un alibi pseudo-scientifique. Les
 stipulaient clairement page 9 sous &amp;ldquo;Prise en compte des médecines complémentaires dans l’assurance de base&amp;rdquo;:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class="border-l-4 border-neutral-300 dark:border-neutral-600 pl-4 italic text-neutral-600 dark:text-neutral-400 my-6"&gt;
&lt;p&gt;&amp;ldquo;Une large majorité (de parlementaires) s’est accordée sur la nécessité de soumettre les prestations de médecines complémentaires aux critères de l’efficacité, de l’adéquation et de l’économicité&amp;rdquo;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Non seulement le rapport
ne répond pas à ces questions avec l&amp;rsquo;objectivité requise, mais il risque de jeter le discrédit sur la recherche scientifique helvétique, plusieurs sites homéopathiques clamant désormais que la Suisse a officiellement reconnu l&amp;rsquo;homéopathie comme efficace. (
par exemple)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus ce rapport n&amp;rsquo;a apparemment pas été traduit dans une langue officielle suisse ni mis à disposition gratuitement alors qu&amp;rsquo;il a été financé par mes impôts. Pour contribuer à révéler publiquement le peu de sérieux de ce rapport, j&amp;rsquo;ai obtenu l&amp;rsquo;aimable autorisation de David Martin Shaw (et du Swiss Medical Weekly) de traduire son article en français.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&amp;rsquo;étant ni docteur en médecine ni traducteur certifié, ce travail est l&amp;rsquo;oeuvre d&amp;rsquo;un 
 amateur assisté de deux relecteurs bénévoles (merci à Marc et David). Veuillez donc vous référer à l&amp;rsquo;article original en cas de doute.&lt;/p&gt;
\[altmetric doi=" 10.4414/smw.2012.13594" float="right"\]&lt;p&gt; Référence de l&amp;rsquo;article original :
David Martin Shaw (2012). The Swiss report on homeopathy: a case study of research misconduct Swiss Medical Weekly (142) DOI:
&lt;/p&gt;
&lt;h2 id="le-rapport-suisse-sur-lhoméopathie-une-étude-de-cas-dinconduite-en-recherche"&gt;Le rapport suisse sur l&amp;rsquo;homéopathie : une étude de cas d&amp;rsquo;inconduite* en recherche&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;David Martin Shaw, Université de Glasgow, Royaume-Uni&lt;/p&gt;
&lt;h3 id="introduction"&gt;Introduction&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En 2011, le gouvernement suisse a publié un rapport sur l&amp;rsquo;homéopathie
. Ce rapport a été commandé à la suite du référendum de 2009 par lequel le peuple suisse a décidé que les thérapies alternatives telles que l&amp;rsquo;homéopathie et d&amp;rsquo;autres devraient être couvertes par l&amp;rsquo;assurance médicale privée. Avant la mise en œuvre de cette décision, le gouvernement a voulu établir si l&amp;rsquo;homéopathie fonctionne réellement. En février 2012, le rapport a été publié en anglais et les partisans de l&amp;rsquo;homéopathie ont immédiatement proclamé qu&amp;rsquo;il offrait une preuve concluante que l&amp;rsquo;homéopathie est efficace. Cet article analyse le rapport et conclut qu&amp;rsquo;il est scientifiquement, logiquement et moralement erroné. Plus précisément, il ne contient pas de nouveaux faits et interprète de manière erronée des études précédemment dénoncées comme étant faibles, il crée un nouveau standard de preuve conçu pour faire apparaître l&amp;rsquo;homéopathie comme efficace, et il tente de discréditer les essais contrôlés randomisés comme étalon-or de la preuve. Plus important encore, presque tous les auteurs ont des conflits d&amp;rsquo;intérêts, en dépit de leurs affirmations selon lesquels il n&amp;rsquo;en existe pas. Entre autres, ce rapport prouve que les homéopathes sont prêts à fausser les preuves afin de soutenir leurs croyances, et ses auteurs semblent avoir violé les principes des Académies suisses des sciences régissant l&amp;rsquo;intégrité scientifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mots clés: médecine alternative, éthique, homéopathie, assurance, intégrité en recherche, inconduite en recherche&lt;/p&gt;
&lt;h3 id="la-preuve"&gt;La &amp;ldquo;preuve&amp;rdquo;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le rapport prend la forme d&amp;rsquo;une &amp;ldquo;
&amp;rdquo; (
), ce qui est différent d&amp;rsquo;une
ou d&amp;rsquo;une
.  Les auteurs affirment que c&amp;rsquo;est une &amp;ldquo;procédure scientifiquement établie qui &lt;/p&gt;
\[...\]&lt;p&gt; examine non seulement l&amp;rsquo;efficacité d&amp;rsquo;une intervention particulière, mais aussi et surtout son efficacité dans le monde réel, sa pertinence, sa sécurité et son économie.&amp;rdquo; Cela semble être une tentative de prêter une crédibilité objective au rapport, mais le rapport est très loin d&amp;rsquo;une HTA typique. Les HTA entreprennent normalement de nouvelles recherches afin d&amp;rsquo;évaluer l&amp;rsquo;efficacité d&amp;rsquo;une nouvelle technologie ou procédure
, mais le rapport suisse examine simplement les recherches existantes. De plus, il est trompeur de prétendre que les méta-analyses et revues systématiques ne considèrent que l&amp;rsquo;efficacité ; au contraire, elles comprennent souvent des informations sur le coût et la sécurité, et incluent invariablement aussi des données sur l&amp;rsquo;efficacité (bien que les auteurs aient peut-être une conception différente de l&amp;rsquo;efficacité à l&amp;rsquo;esprit ; voir ci-dessous). En outre, ce que les auteurs entendent par &amp;ldquo;appropriée&amp;rdquo; n&amp;rsquo;est pas clair; s&amp;rsquo;ils veulent dire &amp;ldquo;qui bénéficie aux patients&amp;rdquo;, alors les revues et analyses incluent aussi ces données.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentative des auteurs de prétendre que leur HTA dépasse la portée d&amp;rsquo;un examen systématique normal s&amp;rsquo;explique peut-être par le fait que leur rapport ne comporte pas de nouveaux éléments de preuve. Elle accepte cependant des faits qui seraient normalement exclues d&amp;rsquo;une analyse typique, comme les &amp;ldquo;
, les bonnes
et les
 longitudinales 
 &amp;ldquo;. L&amp;rsquo;avantage supposé par l&amp;rsquo;inclusion de ces sources est qu&amp;rsquo;elles sont &amp;ldquo;politiquement plus informatives&amp;rdquo;, un terme ambigu qui n&amp;rsquo;est pas expliqué. Cependant, l&amp;rsquo;affirmation selon laquelle les HTA ont la particularité d&amp;rsquo;inclure ces données est également trompeur, car des examens systématiques peuvent inclure de telles sources de preuves. La principale différence entre les critères de preuve d&amp;rsquo;une revue systématique et ceux de ce rapport est que le premier n&amp;rsquo;inclut que des preuves de haute qualité tandis que le second accepte des faits de moins bonne qualité.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La méthode des auteurs pour sélectionner la littérature pour l&amp;rsquo;analyse est révélatrice. Ils n&amp;rsquo;ont pas procédé à un examen en ligne parce que &amp;ldquo;la simple recherche en ligne n&amp;rsquo;aurait pas été suffisante pour fournir un aperçu représentatif de la recherche homéopathique&amp;rdquo;
. Ils ont donc aussi inclus des &amp;ldquo;contacts avec des experts et des numérisations de références bibliographiques.&amp;rdquo; C&amp;rsquo;est une stratégie de recherche suspecte pour trois raisons. Tout d&amp;rsquo;abord, toute recherche de haute qualité est presque certainement disponible en ligne. Deuxièmement, l&amp;rsquo;utilisation de &amp;ldquo;contacts avec des experts&amp;rdquo; suggère une méthodologie biaisée et informelle. Troisièmement, les références à des documents qui ne sont pas disponibles en ligne suggèrent des recherches périmées ou qui n&amp;rsquo;ont pas subi d&amp;rsquo;examen par les pairs. En outre, il n&amp;rsquo;est pas clair pourquoi une recherche en ligne n&amp;rsquo;aurait pas fourni un échantillon représentatif ; il est probable qu&amp;rsquo;elle l&amp;rsquo;aurait fait, mais que les résultats auraient montré que l&amp;rsquo;homéopathie est inefficace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme déjà indiqué, aucun nouveau fait de haute qualité n&amp;rsquo;est présenté dans le rapport. Au contraire, il tente de réanalyser sous un éclairage plus symathique des études connues pour être imparfaites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, les auteurs basent leur conclusion que l&amp;rsquo;homéopathie est efficace sur quatre études qui ont toutes plus de dix ans et qui ont été clairement reconnues comme faibles et erronées (voir référence 3 pour des détails sur les vérifications)
. La plupart des auteurs de ces études reconnaissent qu&amp;rsquo;ils n&amp;rsquo;ont pas montré que l&amp;rsquo;homéopathie était efficace, mais cela n&amp;rsquo;empêche pas les auteurs du rapport de réanalyser ces travaux à la lumière de leur curieux critère d&amp;rsquo; &amp;ldquo;efficacité dans le monde réel&amp;rdquo; et de certaines études précliniques dont les auteurs prétendent qu&amp;rsquo;elles lèvent tout doute sur la plausibilité de l&amp;rsquo;homéopathie. A ce propos, les auteurs affirment que le mécanisme de l&amp;rsquo;homéopathie &amp;ldquo;est soutenu par un assez grand nombre de tests de haute qualité dans la recherche préclinique fondamentale&amp;rdquo;, mais que ces études &amp;ldquo;sont incapables de fournir des explications concernant les autres piliers de l&amp;rsquo;homéopathie: le
et le test du médicament sur le sujet en bonne santé.&amp;rdquo;
. Ainsi, les auteurs estiment que l&amp;rsquo;homéopathie est plausible grâce à des études précliniques qui n&amp;rsquo;établissent aucun des principes clés de l&amp;rsquo;homéopathie et ne montrent aucune efficacité chez les humains. Comment alors peuvent-ils conclure que l&amp;rsquo;homéopathie fonctionne? Les auteurs réécrivent effectivement les règles normales de validité :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class="border-l-4 border-neutral-300 dark:border-neutral-600 pl-4 italic text-neutral-600 dark:text-neutral-400 my-6"&gt;
&lt;p&gt;Contrairement à l&amp;rsquo;idée désormais habituelle que la fiabilité des résultats croît avec la
, nous pensons que - grosso modo - il y a un risque de résultats faussement positifs si la
est surfaite et un risque de résultats faussement négatifs si la validité interne est surfaite. Du point de vue homéopathique, la validité externe de la plupart des études est faible &amp;hellip; parce qu&amp;rsquo;elles ont tendance à ignorer les fondements essentiels de l&amp;rsquo;homéopathie classique
.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cela équivaut à une apologie de l&amp;rsquo;homéopathie : plutôt que d&amp;rsquo;admettre que les méthodes normales d&amp;rsquo;évaluation montrent que l&amp;rsquo;homéopathie ne fonctionne pas, les auteurs supposent que cela signifie que les méthodes ne fonctionnent pas. Ce thème est permanent dans leur référence à &amp;ldquo;l&amp;rsquo;efficacité dans le monde réel.&amp;rdquo;&lt;/p&gt;
&lt;h2 id="lefficacité-dans-le-monde-réel-et-les-erc"&gt;&amp;ldquo;L&amp;rsquo;efficacité dans le monde réel&amp;rdquo; et les ERC&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Nous avons déjà noté que les revues systématiques et les méta-analyses tiennent souvent compte de l&amp;rsquo;efficacité. Qu&amp;rsquo;est-ce donc que les auteurs du rapport entendent par &amp;ldquo;efficacité dans le monde réel&amp;rdquo;? Les auteurs affirment que ce critère prend en compte la sécurité alors que les revues systématiques ne le font pas. Nous avons également vu que les examens tiennent en fait compte de la sécurité, mais qu&amp;rsquo;ironiquement, le rapport lui-même ne le fait pas. Les auteurs déclarent qu&amp;rsquo; &amp;ldquo;une recherche systématique de cas dans la littérature homéopathique et juridique n&amp;rsquo;a pas été possible en raison de problèmes d&amp;rsquo;infrastructures, de méthodologie et de temps&amp;rdquo;
 Il est plutôt trompeur de la part des auteurs de prétendre que leur critère inclut des éléments que les revues systématiques n&amp;rsquo;incluent pas, alors que les revues le font et leur propre rapport ne fait pas. Il est également éthiquement suspect de conclure que l&amp;rsquo;homéopathie est sans danger si aucune revue n&amp;rsquo;a été effectuée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un indice sur la vraie nature de &amp;ldquo;l&amp;rsquo;efficacité dans le monde réel&amp;rdquo; est fournie par une question posée par les auteurs eux-mêmes, à savoir :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class="border-l-4 border-neutral-300 dark:border-neutral-600 pl-4 italic text-neutral-600 dark:text-neutral-400 my-6"&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Si l&amp;rsquo;homéopathie est très susceptible d&amp;rsquo;être efficace, mais que cela ne peut pas être formellement prouvé dans des test cliniques, la question se pose de savoir quelles sont les conditions nécessaires pour que l&amp;rsquo;homéopathie puisse montrer son efficacité et réaliser son potentiel, et quelles conditions menacent de l&amp;rsquo;empêcher.
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il est quelque peu surprenant que les auteurs soient assez hardis pour inclure cette question dans le rapport. Ici, ils semblent admettre qu&amp;rsquo;ils cherchent à montrer que l&amp;rsquo;homéopathie est efficace et à aider la pratique à se développer, et qu&amp;rsquo;ils sont prêts à sélectionner n&amp;rsquo;importe quelles conditions de recherches qui permettront d&amp;rsquo;atteindre cet objectif. Plutôt que d&amp;rsquo;accepter que la méthode scientifique montre que l&amp;rsquo;homéopathie est inefficace, ils font valoir que la méthode elle-même est erronée et créent leur propre méthode pour produire les réponses qu&amp;rsquo;ils souhaitent. En substance, cela ressemble à un aveu de faute professionnelle* en recherche, et soulève de sérieuses questions sur l&amp;rsquo;objectivité des auteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non contents d&amp;rsquo;affirmer que leur critère d&amp;rsquo;efficacité est supérieur alors qu&amp;rsquo;il est en fait biaisé, les auteurs attaquent également la pierre angulaire de la
: l&amp;rsquo;
(ERC). En fait, ils consacrent un chapitre entier du rapport à le faire, bien qu&amp;rsquo;ils n&amp;rsquo;aient apparemment pas eu assez de temps pour effectuer une revue de la littérature sur la sécurité. Ironie du sort, certaines de leurs préoccupations sont de nature éthique. Ils soutiennent qu&amp;rsquo;il est contraire à l&amp;rsquo;éthique de répéter des ERC lorsqu&amp;rsquo;un traitement efficace est connu, car certains participants se verraient refuser le meilleur traitement. C&amp;rsquo;est évidemment vrai, mais n&amp;rsquo;est pas un argument contre les ERC. Qui voudrait répéter un ERC si le traitement est déjà connu pour être efficace ? Ils font également valoir que le consentement ne compense pas le fait que les ERC ne peuvent pas garantir l&amp;rsquo;
, et concluent que les autorités n&amp;rsquo;ont pas le droit d&amp;rsquo;insister sur les ERC en raison de ces problèmes éthiques. Les auteurs soutiennent donc essentiellement qu&amp;rsquo;il est contraire à l&amp;rsquo;éthique d&amp;rsquo;établir si un traitement donné fonctionne; la plupart des gens pensent le contraire. (Pour les homéopathes, bien sûr, il peut être avantageux de ne pas avoir à établir l&amp;rsquo;efficacité de leurs remèdes.)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notez que le seul passage du document où le mot &amp;ldquo;éthique&amp;rdquo; est utilisé concerne l&amp;rsquo;argumentation contre les ERC. Étant donné le grand nombre d&amp;rsquo;articles soulevant des préoccupations sur les aspects éthiques de l&amp;rsquo;homéopathie, il est troublant de constater que les auteurs ne mentionnent même pas les questions de préjudice potentiel pour les patients qui choisissent l&amp;rsquo;homéopathie plutôt qu&amp;rsquo;un traitement conventionnel efficace, ainsi que le gaspillage de ressources lié au financement de traitements inefficaces, plus le problème de tromper des patients afin d&amp;rsquo;en bénéficier
.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id="conflits-dintérêts"&gt;Conflits d&amp;rsquo;intérêts&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Étant donné les paragraphes précédents de cet article, personne ne sera surpris d&amp;rsquo;apprendre que la majorité des auteurs du rapport sont des homéopathes. En fait, un seul des auteurs qualifié en médecine n&amp;rsquo;est pas un homéopathe ou un praticien de médecine alternative. Bien sûr, le fait que quelqu&amp;rsquo;un soit homéopathe ne veut pas dire qu&amp;rsquo;il ne peut pas être objectif sur l&amp;rsquo;homéopathie, mais le risque potentiel de biais est considérable, et ce potentiel semble avoir été réalisé dans le rapport. Les auteurs du rapport fournissent une déclaration de conflits d&amp;rsquo;intérêt:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class="border-l-4 border-neutral-300 dark:border-neutral-600 pl-4 italic text-neutral-600 dark:text-neutral-400 my-6"&gt;
&lt;p&gt;Aucune personne impliquée dans la compilation n&amp;rsquo;a de conflit d&amp;rsquo;intérêt, financier ou autre. Chaque fois que des avis d&amp;rsquo;expert ont été demandés à un médecin qui utilise lui-même la méthode en question, des experts indépendants ont également été consultés
.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Malheureusement, la première phrase est fausse. Les homéopathes croient que l&amp;rsquo;homéopathie fonctionne, et en tant que tels ils ont un conflit d&amp;rsquo;intérêt inhérent lorsqu&amp;rsquo;ils sont impliquées dans une évaluation de l&amp;rsquo;homéopathie. Même si ils sont capables d&amp;rsquo;objectivité, ils ont l&amp;rsquo;obligation de déclarer cela comme un conflit d&amp;rsquo;intérêts potentiel. Mais ce n&amp;rsquo;est pas le principal problème ici. Comme homéopathes, la carrière de beaucoup des auteurs serait compromise si leur rapport indiquait que l&amp;rsquo;homéopathie ne fonctionne pas. En outre, l&amp;rsquo;inclusion de l&amp;rsquo;homéopathie dans le régime d&amp;rsquo;assurance, qui nécessiterait un verdict favorable du rapport, apporterait des avantages potentiels à un grand nombre des auteurs tant en termes de prestige que d&amp;rsquo;argent. La déclaration de conflits d&amp;rsquo;intérêts devrait en fait déclarer que la plupart des auteurs ont des conflits d&amp;rsquo;intérêts financiers et professionnels. Notez que les auteurs ont non seulement omis de déclarer ces conflits d&amp;rsquo;intérêts, mais ont également nié leur existence. Si un rapport approuvant un nouveau médicament avait été écrit par les employés d&amp;rsquo;une société pharmaceutique et qu&amp;rsquo;ils aient affirmé qu&amp;rsquo;ils n&amp;rsquo;avaient pas de conflit d&amp;rsquo;intérêts, ils seraient méprisés ; il est troublant de constater que la même chose ne semble pas s&amp;rsquo;appliquer ici. Notez également que dans la citation ci-dessus, les auteurs admettent que la consultation d&amp;rsquo;un médecin homéopathe constitue un conflit d&amp;rsquo;intérêts ; il est difficile de comprendre pourquoi ils ne s&amp;rsquo;appliquent pas cette logique à eux-mêmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un aspect particulièrement inhabituel des conflits d&amp;rsquo;intérêt des auteurs, c&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;ils forment effectivement une partie de leur argumentation en faveur de l&amp;rsquo;homéopathie. Par exemple, le rapport réinterprète la
et fait valoir que ses conclusions étaient négatives uniquement parce que les auteurs croyaient que le mécanisme de l&amp;rsquo;homéopathie n&amp;rsquo;était pas plausible. Compte tenu de leur acceptation (basée sur des tests de laboratoire) que l&amp;rsquo;homéopathie est plausible, les auteurs prétendent que cela signifie que les résultats de l&amp;rsquo;étude originale ont été positifs. Ainsi, leur conflit d&amp;rsquo;intérêts - ils croient que l&amp;rsquo;homéopathie fonctionne malgré les preuves du contraire - est la clé de leur réinterprétation biaisée des résultats.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id="lintégrité-scientifique"&gt;L&amp;rsquo;intégrité scientifique&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En plus de nier leurs conflits d&amp;rsquo;intérêts, nous avons déjà vu que les auteurs du rapport semblent avoir triés sur le volet et mal interprété les preuves sur lesquelles ils voulaient baser leur affirmation selon laquelle l&amp;rsquo;homéopathie est efficace. Cela peut sembler compréhensible étant donné leur foi dans la médecine alternative, mais c&amp;rsquo;est en fait une infraction grave à l&amp;rsquo;éthique. Les Académies suisses des sciences ont publié des lignes directrices sur l&amp;rsquo;intégrité en recherche. Sur le sujet des conflits d&amp;rsquo;intérêts, celles-ci précisent :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class="border-l-4 border-neutral-300 dark:border-neutral-600 pl-4 italic text-neutral-600 dark:text-neutral-400 my-6"&gt;
&lt;p&gt;Toutes les personnes qui participent à un projet de recherche doivent signaler leurs intérêts, financiers et autres, ainsi que leurs liens à leurs supérieurs hiérarchiques, aux instances responsables et à d’autres personnes habilitées, pour autant que leur activité scientifique puisse les placer dans une situation conflictuelle. Les intérêts personnels ne doivent pas influencer la prise de position objective, lors de l’évaluation de projets et de publications 
**&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les auteurs du rapport semblent violer ces exigences. Ils nient explicitement les conflits d&amp;rsquo;intérêts, malgré les enjeux personnels et financiers du résultat du rapport qu&amp;rsquo;ils écrivent. Les auteurs pourraient objecter qu&amp;rsquo;ils ne menaient pas une recherche mais une évaluation. Toutefois, les lignes directrices condamnent également &amp;ldquo;la dissimulation délibérée des conflits d&amp;rsquo;intérêts &amp;hellip; la mauvaise évaluation délibérée ou par négligence de projets, de programmes ou de manuscrits &amp;hellip; &lt;/p&gt;
\[et\]&lt;p&gt; les jugements sans fondement visant à créer des avantages, que ce soit personnels ou pour le bénéfice de tierces parties &amp;ldquo;dans les expertises et examens par les pairs. La sélection biaisée des éléments de preuve et l&amp;rsquo;interprétation sélective des résultats dans le rapport sont à tout le moins négligentes, voire susceptibles d&amp;rsquo;être intentionnelles. Ceci n&amp;rsquo;est pas nouveau en l&amp;rsquo;homéopathie, comme Edzard Ernst l&amp;rsquo;a souligné:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class="border-l-4 border-neutral-300 dark:border-neutral-600 pl-4 italic text-neutral-600 dark:text-neutral-400 my-6"&gt;
&lt;p&gt;Les homéopathes prétendent souvent qu&amp;rsquo;il existe des revues systématiques qui montreraient que l&amp;rsquo;homéopathie fonctionne. Par exemple la récente &lt;/p&gt;
\[précédente\]&lt;p&gt; évaluation de technologie de la santé (HTA) suisse par Mathie. Le problème est que ces articles ne remplissent pas les critères formels pour une revue systématique, proviennent d&amp;rsquo;homéopathes, sont ouverts à la partialité et peuvent être critiqué sur d&amp;rsquo;importants points méthodologiques
.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;ethos de la ligne directrice de l&amp;rsquo;intégrité de la recherche est que &amp;ldquo;l&amp;rsquo;&amp;lsquo;inconduite scientifique ne doit pas être tolérée.&amp;rdquo; Dans ce cas, elle n&amp;rsquo;a pas seulement été tolérée, mais a reçu le sceau de l&amp;rsquo;approbation du gouvernement suisse et a été utilisée pour influencer la politique de santé : à partir de Janvier 2012, l&amp;rsquo;homéopathie sera incluse dans la couverture d&amp;rsquo;assurance maladie, contribuant en partie à une hausse des primes d&amp;rsquo;assurance jusqu&amp;rsquo;à 4,4%
. Contrastant avec le rapport suisse, l&amp;rsquo;enquête du gouvernement du Royaume-Uni sur l&amp;rsquo;homéopathie a entendu le témoignage de deux homéopathes et de deux adversaires de la pratique, et le rapport a été rédigé par un comité indépendant de membres du parlement. Ce rapport est disponible en ligne gratuitement et a conclu que &amp;ldquo;l&amp;rsquo;homéopathie ne devrait pas être financé par le
et le
devrait cesser d&amp;rsquo;autoriser des produits homéopathiques&amp;rdquo;
.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id="conclusion"&gt;Conclusion&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le présent article a établi que les auteurs de ce rapport ont adopté une stratégie très inhabituelle dans ce qui aurait du être une appréciation impartiale des faits. Il révèle que leur but n&amp;rsquo;était pas de fournir une évaluation indépendante, mais de choisir des critères qui conduisent à leur conclusion préétablie selon laquelle l&amp;rsquo;homéopathie est efficace. À cette fin, ils ont choisi d&amp;rsquo;adopter un critère hautement discutable d&amp;rsquo; &amp;ldquo;efficacité dans le monde réel&amp;rdquo;, d&amp;rsquo;ignorer des résultats négatifs concernant l&amp;rsquo;homéopathie en faveur d&amp;rsquo;une invraisemblable réinterprétation des résultats, et d&amp;rsquo;attaquer les ERC. Cette utilisation d&amp;rsquo;une méthodologie unique et suspecte lors d&amp;rsquo;une évaluation visant à évaluer les soins de santé est objectivement une source de préoccupation particulière ; on imagine que le gouvernement suisse voulait que l&amp;rsquo;homéopathie soit jugée par rapport aux normes existantes plutôt que d&amp;rsquo;en créer de nouvelles spécialement créés pour cette évaluation. Ce faisant, les auteurs ont déformé la preuve et induit en erreur le public ; ces actions, combinées avec leurs conflits d&amp;rsquo;intérêts, suggèrent fortement qu&amp;rsquo;ils se sont rendus coupables de faute professionnelle en recherche. Il est extrêmement regrettable que le gouvernement suisse ait légitimé ce rapport en lui attachant son nom, et aussi injuste que le texte en langue anglaise ne soit pas disponible gratuitement pour le public alors qu&amp;rsquo;il est largement déformé et présenté dans le monde entier comme une preuve de l&amp;rsquo;efficacité de l&amp;rsquo;homéopathie
. Il reste possible que l&amp;rsquo;homéopathie soit efficace, mais les auteurs de ce rapport rendent à la pratique un très mauvais service.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Correspondance: David M. Shaw, PhD, MSc, MA, MML, PGCE, Institut d&amp;rsquo;éthique biomédicale, Université de Bâle, Missionsstrasse 24, CH-4055 Bâle, Suisse,
&lt;/p&gt;
&lt;h3 id="references"&gt;References&lt;/h3&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-1"&gt;&lt;/span&gt;Gudrun Bornhöft and Peter Matthiessen (eds.) Homeopathy in healthcare: effectiveness, appropriateness, safety, costs. Springer, 2012.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-2"&gt;&lt;/span&gt;NHS National Institute of Health. 
.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-3"&gt;&lt;/span&gt;Ben Goldacre. Benefits and risks of homeopathy. The Lancet. 2007;370:1672–3.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-4"&gt;&lt;/span&gt;David Shaw. Homeopathy is where the harm is. Five unethical effects of funding unscientific remedies. J Med Ethics. 2010;36(3):130–1.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-5"&gt;&lt;/span&gt;Académies suisses des sciences :
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-6"&gt;&lt;/span&gt;Edzard Ernst. Written submission. In: House of Commons Science and Technology Committee (see reference 8), p.88 (Evidence 28).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-7"&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-8"&gt;&lt;/span&gt;
. 2009.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-9"&gt;&lt;/span&gt;Dana Ullman. 
. The Huffington Post.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;h3 id="note-du-traducteur"&gt;Note du traducteur:&lt;/h3&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;J&amp;rsquo;ai ajouté quelques liens vers la Wikipédia pour expliciter quelques termes techniques, et mis en gras une citation du rapport qui me parait particulièrement révélatrice.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;* le terme anglais &amp;ldquo;misconduct&amp;rdquo; utilisé plusieurs fois dans le texte 
.  Je l&amp;rsquo;ai traduit par &amp;ldquo;inconduite&amp;rdquo; dans le titre et par &amp;ldquo;faute professionnelle&amp;rdquo; dans le texte.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;** paragraphe copié/collé de la version française de la ref.
\[5\]&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;</description></item><item><title>Acanthamoeba, voire pire</title><link>https://drgoulu.com/2012/02/03/acanthamoeba-voire-pire/</link><pubDate>Fri, 03 Feb 2012 00:00:00 +0000</pubDate><guid>https://drgoulu.com/2012/02/03/acanthamoeba-voire-pire/</guid><description>&lt;p&gt;&lt;em&gt;(article soumis au concours du 500ème article de &amp;ldquo;Strange Stuff and Funky Things&amp;rdquo;, qui l&amp;rsquo;a
)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;(article repris dans &lt;span class="openbook_template5"&gt;&lt;a href="http://openlibrary.org/authors/OL3113071A/Collectif" title="Click to view author in Open Library" target="_blank" rel="noopener"&gt;Collectif&lt;/a&gt; (2013). &lt;a href="http://openlibrary.org/books/OL25425161M/Les_meilleurs_blogues_de_science_en_français" title="Click to view title in Open Library" target="_blank" rel="noopener"&gt;Les meilleurs blogues de science en français: Sélection 2013&lt;/a&gt;. Editions MultiMondes.&lt;span class="Z3988" title="ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Abook&amp;amp;rft.genre=book&amp;amp;rft.btitle=Les+meilleurs+blogues+de+science+en+fran%C3%A7ais%3A+S%C3%A9lection+2013&amp;amp;rft.isbn=9782895444541&amp;amp;rft.au=Collectif&amp;amp;rft.pub=Editions+MultiMondes&amp;amp;rft.date=2013"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
 est un genre d&amp;rsquo;amibes extrêmement communes. On en trouve partout : dans l&amp;rsquo;eau douce y compris potable, dans le sol, et même dans l&amp;rsquo;air sous forme de kystes volants. Les Acanthamoeba mangent des bactéries et contribuent ainsi aux premières étapes de la chaîne alimentaire qui transforme le carbone dissous dans l&amp;rsquo;eau en steaks, ce qui les classe définitivement dans la catégorie &amp;ldquo;animaux utiles&amp;rdquo; de mon premier cours de catéchisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus les biologistes cultivent des quantités de l&amp;rsquo;espèce A. Castellanii à raison d&amp;rsquo;environ 10¹² bestioles par kilo comme &amp;ldquo;
&amp;rdquo; utilisé dans toutes sortes de recherches en biochimie, biologie moléculaire etc. Catégorie &amp;ldquo;animaux inoffensifs&amp;rdquo; a priori.&lt;/p&gt;
&lt;figure class="alignright" style="max-width: 336px; width: 100%;"&gt;&lt;a href="http://www.caister.com/supplementary/acanthamoeba/b14.html" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img src="https://drgoulu.com/posts/2012/images/374f41da01e983d1c348bbdfee7a6737_hu_b74ecf095c00f1ab.webp" srcset="https://drgoulu.com/posts/2012/images/374f41da01e983d1c348bbdfee7a6737_hu_b74ecf095c00f1ab.webp 320w, https://drgoulu.com/posts/2012/images/374f41da01e983d1c348bbdfee7a6737_hu_b4b6dbbd55acd7ad.webp 336w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 336px" alt="acanthamoeba" loading="lazy" class="rounded-lg shadow-sm w-full h-auto" data-zoomable /&gt;&lt;/a&gt;&lt;figcaption&gt;Acanthamoeba  sous microscope électronique&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Mais a_canthos_ signifiant &lt;em&gt;épineux&lt;/em&gt; en grec (à ne pas confondre avec
_, qui veut dire &lt;em&gt;épine&lt;/em&gt; en grec&amp;hellip;) ,  vous vous attendez certainement à ce que ces microbes méritent leur place dans un article de ce blog en causant un problème. Gagné! En fait ils en causent même plusieurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Acanthamoeba ne dérange pas trop notre système digestif qui a du s&amp;rsquo;y habituer depuis le temps, mais aime bien grignoter de la bactérie bien fraîche à la surface de nos yeux. Une baignade dans un étang un peu tiède et hop, c&amp;rsquo;est quasiment sur, quelques amibes croissent et multiplient sur vos cornées. Une petite douche plus tard, elles s&amp;rsquo;en vont comme elles sont venues, dans une goutte d&amp;rsquo;eau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf si vous ne vous douchez pas, ou avec l&amp;rsquo;eau du même étang. Ou si vous mettez vos lentilles de contact. Quelques espèces d&amp;rsquo;Acanthamoeba adorent les lentilles de contact : ça les protège de l&amp;rsquo;air qui pourrait les dessécher ou de vos doigts qui pourraient les essuyer, et ça maintien un petit film humide juste à la température où les bactéries peuvent profiter de la lumière pour devenir des proies facile à lyser. Et quand il n&amp;rsquo;y a plus de bactéries ou qu&amp;rsquo;elle n&amp;rsquo;a plus faim, Acanthamoeba s&amp;rsquo;enkyste, mais comme le plastique de la lentille est un peu dur à creuser, elle préfère se planquer dans la cornée&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au début, ça pique les yeux comme une conjonctivite, mais les collyres ne soulagent que très temporairement. Et puis on va voir un ophtalmo qui va prescrire des antibiotiques &amp;ldquo;pour voir&amp;rdquo;, le temps de faire des analyses assez longues. Il ne veut pas effrayer le patient en lui parlant de &amp;ldquo;
&amp;rdquo; tellement c&amp;rsquo;est rare. Et on perd un temps préc-yeux, parce qu&amp;rsquo;un diagnostic rapide permet de bien limiter les dégâts. Vous voulez voir à quoi ressemble un oeil infecté par des amibes au bout de quelques temps ? Vous êtes surs ?  Sinon, vous pouvez aussi scroller vite d&amp;rsquo;une page vers le bas, c&amp;rsquo;est permis. Prêt ? alors voilà:&lt;/p&gt;
&lt;figure class="aligncenter" style="max-width: 500px; width: 100%;"&gt;&lt;a href="http://www.snof.org/maladies/amibes.html" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img src="https://drgoulu.com/posts/2012/images/d62211377ebf2ea01c0ee1b4fa32a19a_hu_c4efd399b1619244.webp" srcset="https://drgoulu.com/posts/2012/images/d62211377ebf2ea01c0ee1b4fa32a19a_hu_c4efd399b1619244.webp 320w, https://drgoulu.com/posts/2012/images/d62211377ebf2ea01c0ee1b4fa32a19a_hu_3ab8a73212a11c1c.webp 480w, https://drgoulu.com/posts/2012/images/d62211377ebf2ea01c0ee1b4fa32a19a_hu_7187a3efc458513c.webp 500w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 500px" alt="Perforation de la cornée secondaire à une kératite amibienne dramatique. crédit photo Dr. Jean-Louis Bourges (Hôtel-Dieu Paris)" loading="lazy" class="rounded-lg shadow-sm w-full h-auto" data-zoomable /&gt;&lt;/a&gt;&lt;figcaption&gt;Perforation de la cornée secondaire à une kératite amibienne dramatique. crédit photo Dr. Jean-Louis Bourges (Hôtel-Dieu Paris)&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Bon, là c&amp;rsquo;est le stade irréversible qui nécessite une
. En osant cliquer sur l&amp;rsquo;image vous verrez des stades moins avancés où un traitement médicamenteux est encore possible, et si ça ne marche pas seule une greffe de cornée permet de sauver l&amp;rsquo;oeil, à condition que l&amp;rsquo;oeil n&amp;rsquo;ait pas produit trop de vaisseaux sanguins dans la cornée pour essayer d&amp;rsquo;y amener plus de globules blancs à la rescousse. On se tient les pouces pour Caroline qui attend une cornée depuis plusieurs mois, et on remercie (d&amp;rsquo;avance&amp;hellip;) tous les futurs donneurs d&amp;rsquo;organes, y compris les yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Après ça ai-je encore besoin d&amp;rsquo;insister sur l&amp;rsquo;importance de l&amp;rsquo;hygiène pour les porteurs de lentilles de contact ? Non ? Vous avez compris le message ? Je coupe/colle quand même les recommandations du Syndicat National des Ophtalmologistes de France  (SNOF), on ne sait jamais:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class="border-l-4 border-neutral-300 dark:border-neutral-600 pl-4 italic text-neutral-600 dark:text-neutral-400 my-6"&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Bien se laver les mains et les sécher convenablement avant toute manipulation de lentilles&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Utiliser un oxydant pour nettoyer les lentilles souples&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Nettoyer régulièrement le boîtier des lentilles avec le liquide de conservation des lentilles, l&amp;rsquo;essuyer et le laisser sécher ouvert. Le changer fréquemment&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Ne pas mettre de lentilles sous une douche, dans les piscines ou en eau douce (jacuzzi, lac&amp;hellip;)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Ne jamais nettoyer des lentilles avec l&amp;rsquo;eau du robinet&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;En cas de gêne ou de douleur (même augmentant au dépôt des lentilles):ôter les lentilles , consulter un ophtalmologiste en urgence&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Toujours posséder une paire de lunettes correctrices adaptée en complément des lentilles&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;
&lt;figure &gt;
&lt;div class="flex justify-center "&gt;
&lt;div class="w-full" &gt;
&lt;img alt=""
srcset="https://drgoulu.com/posts/2012/images/220px-Momusmusician_hu_88151ac2f88eb5c2.webp 220w"
sizes="(max-width: 480px) 100vw, (max-width: 768px) 90vw, (max-width: 1024px) 80vw, 760px"
src="https://drgoulu.com/posts/2012/images/220px-Momusmusician_hu_88151ac2f88eb5c2.webp"
width="220"
height="220"
loading="lazy" data-zoomable /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/figure&gt;
Regardez encore cette vidéo (supprimée&amp;hellip;) 
qui explique pourquoi
 a désormais un look de pirate, et on pourra passer à la suite&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il arrive que certaines amibes parviennent par un mécanisme encore pas très bien compris jusqu&amp;rsquo;à notre cerveau. C&amp;rsquo;est extrêmement rare, quelques dizaines cas par an dans le monde, mais le résultat est très bien documenté : la mort en quelques jours. L&amp;rsquo;
  causées par  Acanthamoeba   étant
à la
 due à
 dont
, on n&amp;rsquo;en dira pas plus ici à ce sujet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste encore une belle épine que les Acanthamoeba nous plantent bien profond par un mécanisme bien tortueux. Depuis 1994 on sait que
se propage en utilisant Acanthamoeba castellanii et en 2006 une équipe de l&amp;rsquo;Université de Bath a démontré que les &amp;ldquo;MRSA&amp;rdquo; plus connus sous le nom de
 arrivent à survivre à l&amp;rsquo;intérieur d&amp;rsquo; Acanthamoeba polyphaga et à s&amp;rsquo;y reproduire pendant que ces amibes omniprésentes leur servent d&amp;rsquo;omnibus entre les chambres d’hôpital.&lt;/p&gt;
&lt;figure class="aligncenter" style="max-width: 457px; width: 100%;"&gt;&lt;img src="https://drgoulu.com/posts/2012/images/b83a6d09362ee13e34e9f60801506161_hu_a076464d381095d9.webp" srcset="https://drgoulu.com/posts/2012/images/b83a6d09362ee13e34e9f60801506161_hu_a076464d381095d9.webp 320w, https://drgoulu.com/posts/2012/images/b83a6d09362ee13e34e9f60801506161_hu_d9613cce0292f7ef.webp 457w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 457px" alt="vue d&amp;#39;artiste d&amp;#39;une Acanthamoeba polyphaga avec des MRSA. C&amp;#39;est presque mignon..." loading="lazy" class="rounded-lg shadow-sm w-full h-auto" data-zoomable /&gt;&lt;figcaption&gt;vue d&amp;rsquo;artiste d&amp;rsquo;une Acanthamoeba polyphaga avec des MRSA. C&amp;rsquo;est presque mignon&amp;hellip;&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Plus embêtant encore : comme les amibes essaient de transformer ces bactéries en miam-miam à l&amp;rsquo;aide de substances qui sont par définition des
, les bactéries que Dame Evolution préserve des dites substances (dont Elle essaie plein de combinaisons par ailleurs&amp;hellip;) en ressortent plus résistantes encore. Ces bactéries sont donc nietzschéistes : &amp;ldquo;ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort&amp;rdquo;, mais pour nous c&amp;rsquo;est la variante &amp;ldquo;ce qui les rend plus fort nous tue&amp;rdquo; qu&amp;rsquo;on a favorisé en récurant nos hôpitaux avec des antibiotiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Maintenant qu&amp;rsquo;on a compris, on va aussi viser ces sales bêtes nuisibles d&amp;rsquo;amibes. Mais juste dans les hopitaux, hein ? Et à la rigueur dans les étangs, parce que dans le sol je les aime bien, moi, les Acanthamoeba faiseuses de steaks.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id="références"&gt;Références&lt;/h2&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-1"&gt;&lt;/span&gt;
 sur le site du SNOF&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-2"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="openbook_template5"&gt;&lt;a href="http://openlibrary.org/authors/OL5014855A/Naveed_Ahmed_Khan" title="Click to view author in Open Library" target="_blank" rel="noopener"&gt;Naveed Ahmed Khan&lt;/a&gt; (2009). &lt;a href="http://openlibrary.org/books/OL23866530M/Acanthamoeba" title="Click to view title in Open Library" target="_blank" rel="noopener"&gt;Acanthamoeba: biology and pathogenesis&lt;/a&gt;. Caister Academic Press.&lt;span class="Z3988" title="ctx_ver=Z39.88-2004&amp;amp;rft_val_fmt=info%3Aofi%2Ffmt%3Akev%3Amtx%3Abook&amp;amp;rft.genre=book&amp;amp;rft.btitle=Acanthamoeba%3A+biology+and+pathogenesis&amp;amp;rft.isbn=9781904455431&amp;amp;rft.au=Naveed+Ahmed+Khan&amp;amp;rft.pub=Caister+Academic+Press&amp;amp;rft.date=2009"&gt;&amp;nbsp;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-3"&gt;&lt;/span&gt;
 (kératoplastie transfixiante) sur le site du SNOF&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-4"&gt;&lt;/span&gt;S. Carrette et al &amp;ldquo;
&amp;quot;, Bull. Soc. belge Ophtalmol., 275, 49-53, 2000.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-5"&gt;&lt;/span&gt;Cirillo JD, Falkow S, Tompkins LS &amp;ldquo;Growth of Legionella pneumophila in Acanthamoeba castellanii enhances invasion.&amp;rdquo; Infect Immun. 1994 Aug;62(8):3254-61.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-6"&gt;&lt;/span&gt;
, University of Bath,Press Release - 28 February 2006&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-7"&gt;&lt;/span&gt;
 sur le blog &amp;ldquo;Travelling small with a nucleus&amp;rdquo;&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description></item><item><title>Pourquoi je n&amp;#039;ai toujours pas peur de mon téléphone mobile</title><link>https://drgoulu.com/2011/06/03/pourquoi-je-nai-toujours-pas-peur/</link><pubDate>Fri, 03 Jun 2011 00:00:00 +0000</pubDate><guid>https://drgoulu.com/2011/06/03/pourquoi-je-nai-toujours-pas-peur/</guid><description>&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;(l&amp;rsquo;article &amp;ldquo;
&amp;rdquo; sur Bad Astronomy correspond tellement bien à mon point de vue que je ne vois pas la raison de réécrire sur ce sujet : je le traduis)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite au
de l&amp;rsquo;Organisation Mondiale de la Santé disant qu&amp;rsquo;il existe un lien &amp;ldquo;possible&amp;rdquo; entre les téléphones mobiles et le cancer du cerveau, ma première réaction a été : &amp;ldquo;Sérieusement ?&amp;rdquo;. Ce sujet réapparaît par ci par là de temps en temps, mais c&amp;rsquo;est la première fois que je l&amp;rsquo;entends d&amp;rsquo;un groupe aussi important que l&amp;rsquo;OMS.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La raison de cette réaction initiale était que j&amp;rsquo;ai vu tant d&amp;rsquo;études ne montrant absolument aucun lien entre mobiles et problèmes de santé (à part quadrupler vos risques d&amp;rsquo;accident si vous conduisez en téléphonant) que ma réaction était passablement sceptique. J&amp;rsquo;aurais été surpris si une forte relation avait été trouvée.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s&amp;rsquo;avère que mon impression est la bonne. Mon co-bloggeur Ed Yong 
. En fait, l&amp;rsquo;OMS a rangé les téléphones cellulaires dans le &amp;ldquo;Groupe 2B&amp;rdquo;, qui signifie qu&amp;rsquo;ils sont &amp;ldquo;potentiellement 
pour les humains&amp;rdquo;. Aiiiieee! Ca fait peur…sauf que &amp;ldquo;potentiellement&amp;rdquo; doit être un peu mieux compris quantitativement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme Ed le montre, le graphique des résultats de nombreux tests sur les relations entre téléphones portables et cancer montre qu&amp;rsquo;une éventuelle relation est très faible, et ne peut honnêtement pas être statistiquement distinguée de pas de relation du tout. Bien sur, il n&amp;rsquo;est pas possible de l&amp;rsquo;exclure non plus, donc il y a le mot &amp;ldquo;potentiellement&amp;rdquo;. En regardant le graphique, je dirais que les risques sont très très faibles. Comme Ed le dit dans son article, &amp;ldquo;Il signifie qu&amp;rsquo;il y a un indice* de lien entre mobiles et cancers, mais il est trop faible pour en tirer des conclusions.&amp;rdquo;&lt;/p&gt;
&lt;figure class="aligncenter" style="max-width: 532px; width: 100%;"&gt;&lt;img src="https://drgoulu.com/posts/2011/images/8057fda5e9118f247af7e4fb3bc55842_hu_be6b3b7149c1de97.webp" srcset="https://drgoulu.com/posts/2011/images/8057fda5e9118f247af7e4fb3bc55842_hu_be6b3b7149c1de97.webp 320w, https://drgoulu.com/posts/2011/images/8057fda5e9118f247af7e4fb3bc55842_hu_97d6e59cbc72e5eb.webp 480w, https://drgoulu.com/posts/2011/images/8057fda5e9118f247af7e4fb3bc55842_hu_bb4c62babfab39c3.webp 532w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 532px" alt="Résultats de 2 séries de 12 tests avec intervalles de confiance de 95%. Les résultats combinés sont à droite" loading="lazy" class="rounded-lg shadow-sm w-full h-auto" data-zoomable /&gt;&lt;figcaption&gt;Résultats de 2 séries de 12 tests avec intervalles de confiance de 95%. Les résultats combinés sont à droite&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;J&amp;rsquo;ai visité quelques sites de news (comme CNN et MSNBC), et bien qu&amp;rsquo;ils ne suramplifient pas la nouvelle, à mon avis ils ne la traitent pas de manière absolument neutre non plus. Les publications de gens liant les mobiles au cancer font paraitre cette relation comme évidente, mais les résultats de l&amp;rsquo;OMS montrent clairement que ce n&amp;rsquo;est pas le cas. Il y a &amp;ldquo;potentiellement&amp;rdquo; une relation, mais si elle existe elle n&amp;rsquo;est pas terriblement claire. Je note que ces études ne semblent couvrir qu&amp;rsquo;une décennie environ; il n&amp;rsquo;est pas possible de savoir ce qui arrivera dans, disons, 15 ou 25 ans. En plus, d&amp;rsquo;autres facteurs environnementaux dominent dans de telles études, rendant l&amp;rsquo;extraction d&amp;rsquo;un signal faible très difficile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous pourriez aussi être intéressé à consulter 
, qui inclut l&amp;rsquo;essence, les légumes au vinaigre*, et (GASP!) le café !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon opinion actuelle est : bien qu&amp;rsquo;une relation entre téléphones mobiles et cancers du cerveau ne puisse pas être exclue, sans une forte corrélation et une affirmation chiffrée sur les risques, il me semble très improbable qu&amp;rsquo;il y ait lieu de s&amp;rsquo;en inquiéter. Je suis beaucoup plus inquiet de voir le gars devant moi dans le trafic parler à ses amis au téléphone et causer un accident que je ne le suis d&amp;rsquo;attraper un cancer avec mon propre portable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;(edit du 5 juin : remplacé &amp;ldquo;peut-être&amp;rdquo; par &amp;ldquo;potentiellement&amp;rdquo; qui correspond mieux aux autres articles en français sur le sujet)&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 id="notes"&gt;Notes:&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;* en anglais &amp;ldquo;evidence&amp;rdquo; signifie aussi bien &amp;ldquo;indice&amp;rdquo; que &amp;ldquo;preuve&amp;rdquo;. J&amp;rsquo;ai choisi &amp;ldquo;indice&amp;rdquo; pour préserver ce qui me semble être l&amp;rsquo;intention logique de l&amp;rsquo;auteur&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;** Pour éviter les risques liés aux concombres au vinaigre, choisissez donc des concombres crus&amp;hellip;&lt;/p&gt;</description></item><item><title>Problèmes de santé</title><link>https://drgoulu.com/2009/09/11/problemes-de-sante/</link><pubDate>Fri, 11 Sep 2009 00:00:00 +0000</pubDate><guid>https://drgoulu.com/2009/09/11/problemes-de-sante/</guid><description>&lt;p&gt;Hans Rosling, le créateur du merveilleux
, répond à une dizaine de questions d&amp;rsquo;internautes dans
dont un extrait est particulièrement intéressant. De 8&amp;rsquo; à 11'20, il répond à une question sur le système de santé US qu&amp;rsquo;Obama tente de réformer par une comparaison des systèmes de santé du monde entier à l&amp;rsquo;aide de ce graphique:&lt;/p&gt;
&lt;figure class="aligncenter" style="max-width: 541px; width: 100%;"&gt;&lt;a href="http://graphs.gapminder.org/world/#$majorMode=chart$is;shi=t;ly=2003;lb=f;il=t;fs=11;al=100;stl=t;st=f;nsl=t;se=t$wst;tts=C$ts;sp=5.91225806451612;ti=2006$zpv;v=0$inc_x;mmid=XCOORDS;iid=tR3MM-UTZ0B44BKxxWeAZaQ;by=ind$inc_y;mmid=YCOORDS;iid=phAwcNAVuyj2tPLxKvvnNPA;by=ind$inc_s;uniValue=8.21;iid=phAwcNAVuyj0XOoBL_n5tAQ;by=ind$inc_c;uniValue=255;gid=CATID0;iid=phAwcNAVuyj3XYThRy0yJMA;by=ind$map_x;scale=log;dataMin=12;dataMax=8442$map_y;scale=lin;dataMin=38;dataMax=85$map_s;sma=80;smi=1$map_c;scale=lin$cd;bd=0$inds=" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img src="https://drgoulu.com/posts/2009/images/799221f088bb1da504fc93d69095d2fa_hu_6a686f6d999e69ad.webp" srcset="https://drgoulu.com/posts/2009/images/799221f088bb1da504fc93d69095d2fa_hu_6a686f6d999e69ad.webp 320w, https://drgoulu.com/posts/2009/images/799221f088bb1da504fc93d69095d2fa_hu_cc5fa9712bb8c43a.webp 480w, https://drgoulu.com/posts/2009/images/799221f088bb1da504fc93d69095d2fa_hu_95d6b578a24aed78.webp 721w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 541px" alt="GapMinder santé" loading="lazy" class="rounded-lg shadow-sm w-full h-auto" data-zoomable /&gt;&lt;/a&gt;&lt;figcaption&gt;cliquer sur l&amp;rsquo;image pour le tableau interactif complet&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Il y représente l&amp;rsquo;espérance de vie dans chaque pays en fonction des dépenses de santé par habitant, et colore chaque point d&amp;rsquo;une couleur correspondant à la part du PIB consacrée à la santé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rosling montre que le système de santé étatsunien, le plus cher en termes absolus et relatifs (15% du PIB), et le
, est surtout peu efficace. D&amp;rsquo;autres pays comme le Portugal, le Chili et même Cuba offrent la même espérance de vie que les USA pour beaucoup moins cher. Si d&amp;rsquo;un coup de baguette magique Obama divisait par deux les coûts de la santé dans son pays, il se retrouverait dans le peloton des pays industrialisés en termes de coûts, mais plutôt en queue en termes d&amp;rsquo;espérance de vie. Pour les Etats-Unis, le challenge consiste donc surtout à améliorer de beaucoup l&amp;rsquo;espérance de vie afin de justifier leurs coûts très élevés. Peut-être qu&amp;rsquo;ils y arriveront en soignant mieux la frange de la population la plus démunie&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Suisse (et la Norvège) est le point le plus proche des USA sur le graphique, mais le problème des coûts de la santé y est très différent. Avec une espérance de vie de 82 ans, les coûts sont objectivement justifiables en comparaison internationale. Seul le Japon fait clairement mieux. Le problème suisse, c&amp;rsquo;est le financement.&lt;/p&gt;
&lt;figure class="aligncenter" style="max-width: 535px; width: 100%;"&gt;&lt;a href="http://graphs.gapminder.org/world/#$majorMode=chart$is;shi=t;ly=2003;lb=f;il=t;fs=11;al=100;stl=t;st=f;nsl=t;se=t$wst;tts=C$ts;sp=5.91225806451612;ti=2006$zpv;v=0$inc_x;mmid=XCOORDS;iid=tR3MM-UTZ0B44BKxxWeAZaQ;by=ind$inc_y;mmid=YCOORDS;iid=phAwcNAVuyj2tPLxKvvnNPA;by=ind$inc_s;uniValue=8.21;iid=phAwcNAVuyj0XOoBL_n5tAQ;by=ind$inc_c;uniValue=255;gid=CATID0;iid=tBK-9fi1CEKLytNhvbuOSLQ;by=ind$map_x;scale=log;dataMin=12;dataMax=9701$map_y;scale=lin;dataMin=38;dataMax=86$map_s;sma=94;smi=1$map_c;scale=lin$cd;bd=0$inds=" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img src="https://drgoulu.com/posts/2009/images/8597081252209517a3656884a17eb86a_hu_492f06aad6367c3b.webp" srcset="https://drgoulu.com/posts/2009/images/8597081252209517a3656884a17eb86a_hu_492f06aad6367c3b.webp 320w, https://drgoulu.com/posts/2009/images/8597081252209517a3656884a17eb86a_hu_5483cb7f0c6450b7.webp 480w, https://drgoulu.com/posts/2009/images/8597081252209517a3656884a17eb86a_hu_9b2fcec2932277e4.webp 713w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 535px" alt="GapMinder santé2" loading="lazy" class="rounded-lg shadow-sm w-full h-auto" data-zoomable /&gt;&lt;/a&gt;&lt;figcaption&gt;cliquer sur l&amp;rsquo;image pour le tableau interactif complet&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Le graphique ci-dessus représente toujours l&amp;rsquo;espérance de vie en fonction du coût de la santé par habitant, mais ici la couleur représente la part du coût directement à charge des habitants, le reste étant pris en charge par l&amp;rsquo;Etat. Comme je l&amp;rsquo;avais montré dans
, les primes des assurances maladie suisses ne couvrent &amp;ldquo;que&amp;rdquo; 40% du coût total de la santé, alors que dans la plupart des pays industrialisés hormis les USA, seuls 20% des coûts sont à charge des citoyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La comparaison avec la Norvège est frappante : pour les mêmes coûts totaux et quasiment la même espérance de vie, nos amis norvégiens ne déboursent directement que la moitié des suisses!  Le credo qui voudraient que les systèmes qui &amp;ldquo;responsabilisent&amp;rdquo; les patients fussent* plus efficaces que le systèmes sociaux ne se vérifie pas sur le graphique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Diviser par deux les primes d&amp;rsquo;assurance maladie en Suisse ne tient qu&amp;rsquo;à un choix politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;*et un
, un !&lt;/p&gt;</description></item><item><title>Placebo et nocebo</title><link>https://drgoulu.com/2009/05/20/placebo-et-nocebo/</link><pubDate>Wed, 20 May 2009 00:00:00 +0000</pubDate><guid>https://drgoulu.com/2009/05/20/placebo-et-nocebo/</guid><description>&lt;figure class="alignright" style="max-width: 297px; width: 100%;"&gt;&lt;img src="https://drgoulu.com/posts/2009/images/fe628e8cff89937c9285a9079e6ae761_hu_1d909a6012cd8778.webp" srcset="https://drgoulu.com/posts/2009/images/fe628e8cff89937c9285a9079e6ae761_hu_1d909a6012cd8778.webp 297w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 297px" alt="les placebos colorés et chers ont plus deffet que du sucre blanc" loading="lazy" class="rounded-lg shadow-sm w-full h-auto" data-zoomable /&gt;&lt;figcaption&gt;les placebos colorés et chers ont plus d&amp;rsquo;effet que du sucre blanc&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;15 à 25% des personnes qui prennent un
déclarent ressentir des effets bénéfiques: c&amp;rsquo;est &amp;ldquo;l&amp;rsquo;
&amp;rdquo; bien connu. L&amp;rsquo;importance  de cet effet dépend entre autres de la précision du diagnostic du médecin : plus le médecin explique au patient de quoi il souffre avec force détails, plus le patient sera satisfait du médicament qu&amp;rsquo;il prescrira, même si c&amp;rsquo;est un placebo.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id="pourquoi-lhoméopathie-marche"&gt;Pourquoi l&amp;rsquo;homéopathie marche&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Ce qui précède au une conséquences importantes de nos jours :&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;D&amp;rsquo;une part, l&amp;rsquo;homéopathie et les autres médecines &amp;ldquo;douces&amp;rdquo; reposent sur une implication forte du médecin ou du guérisseur pendant la consultation, sur sa capacité d&amp;rsquo;empathie et de persuasion qui renforce l&amp;rsquo;effet placebo du traitement qu&amp;rsquo;il prescrit. Plusieurs études ont démontré depuis la fin du XIXème siècle que les traitements homéopathiques agissent  autant que des placebo, mais pas mieux.
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;D&amp;rsquo;autre part, l&amp;rsquo;efficacité des médicaments conventionnels se mesure de nos jours par des
, dans des conditions relativement défavorables à l&amp;rsquo;effet placebo.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, un médicament inefficace est moins efficace qu&amp;rsquo;un médicament homéopathique, ce qui peut peut-être expliquer l&amp;rsquo;engouement pour cette théorie médicale fumeuse à une période où beaucoup de &amp;ldquo;médicaments&amp;rdquo; étaient peu ou pas efficaces. Mais désormais seuls sont commercialisés les médicaments qui démontrent une efficacité nettement supérieure au placebo prescrit dans les mêmes conditions expérimentales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme je l&amp;rsquo;ai entendu dire par un médecin dans un interview, si les traitements homéopathiques (et des autres médecines alternatives) étaient plus efficaces que des placebo, ces médecines ne seraient plus alternatives, mais intégrées à la médecine conventionnelle!&lt;/p&gt;
&lt;h3 id="comment-fonctionne-leffet-placebo"&gt;Comment fonctionne l&amp;rsquo;effet placebo?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;effet placebo est donc bien réel, accepté et intégré par la science médicale moderne. (Vous avez remarqué comme les jeunes médecins sont plus sympas et causants que la génération précédente ?)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne sait pas encore très bien comment un placebo &amp;ldquo;soigne&amp;rdquo;. Pendant longtemps, des mécanismes purement psychologiques ont été invoqués : le fait de croire à l&amp;rsquo;effet du traitement  aurait un effet de réduction du stress, et donc de la sensibilité à la douleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelques années, une autre interprétation, neurophysiologique se développe. Predrag Petrovic a découvert en 2002 que l&amp;rsquo;injection d&amp;rsquo;un placebo à une personne à laquelle on promettait un analgésique entraînait une libération de dopamine  et d&amp;rsquo;endorphines endogènes, des substances de la même famille que la morphine, qui réduisent réellement la douleur
. Comme l&amp;rsquo;ont confirmé d&amp;rsquo;autres travaux, un placebo stimule aussi la production de dopamine, qui intervient dans les mécanismes de récompense du cerveau humain, générant le soulagement promis par l&amp;rsquo;intervention thérapeutique proposée au malade.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id="et-leffet-nocebo-"&gt;Et l&amp;rsquo;effet nocebo ?&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Si &amp;ldquo;placebo&amp;rdquo; signifie &amp;ldquo;je plairai&amp;rdquo; en latin, &amp;ldquo;
&amp;rdquo; signifie &amp;ldquo;je nuirai&amp;rdquo;. C&amp;rsquo;est le négatif du placebo : un sujet ressent souvent des effets secondaires désagréables qu&amp;rsquo;on lui a décrit en lui prescrivant une substance inactive !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;
décrit par extension des troubles induits par une conviction, même en l&amp;rsquo;absence de toute substance. En 2006, une étude
a montré qu&amp;rsquo;en chirurgie cardiaque, les patients qui étaient informés que leurs proches priaient pour eux développaient plus (oui plusss, + quoi &amp;hellip;) de complications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je termine cet article en remerciant Benjamin de m&amp;rsquo;avoir fait découvrir l&amp;rsquo;effet par
qui raconte l&amp;rsquo;histoire merveilleuse de riverains d&amp;rsquo;antennes de téléphonie mobile qui se sont plaints de maux de tête et autres désagréments provoqués par ces antennes&amp;hellip;
!&lt;/p&gt;
&lt;h3 id="références"&gt;Références:&lt;/h3&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-1"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="altmetric-embed" data-badge-type="donut" data-badge-popover="right" data-pmid="16125589" style="float: right; margin: 0 0 0.5rem 0.5rem;"&gt;&lt;/span&gt;
Shang A, Huwiler K. Nartey L, Jüni P, Dörig S, Stern J, Pewsner D, Egger M. &amp;ldquo;Are the clinical effects of homoeopathy placebo effects? Comparative study of placebo-controlled trials of homoeopathy and allopathy&amp;rdquo;. The Lancet 2005; 366:726-732 (
)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-2"&gt;&lt;/span&gt;Chamayou G, &amp;ldquo;
&amp;rdquo;, Les génies de la science, février-avril 2009, p14-17&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-3"&gt;&lt;/span&gt;Dr. Patrick Lemoine &amp;ldquo;
&amp;rdquo;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-4"&gt;&lt;/span&gt;&amp;quot;
&amp;quot; sur le dictionnaire des sceptiques du Québec&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-5"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="altmetric-embed" data-badge-type="donut" data-badge-popover="right" data-doi="10.1126/science.1067176" style="float: right; margin: 0 0 0.5rem 0.5rem;"&gt;&lt;/span&gt;
Predrag Petrovic et al. &amp;ldquo;
&amp;quot;,Science 1 March 2002, Vol. 295. no. 5560, pp. 1737 - 1740&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-6"&gt;&lt;/span&gt;liste de
, CHU de Rouen&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-7"&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="altmetric-embed" data-badge-type="donut" data-badge-popover="right" data-pmid="16569567" style="float: right; margin: 0 0 0.5rem 0.5rem;"&gt;&lt;/span&gt;
Herbert Benson et al.,
, American Heart Journal, Volume 151, No 4, 934-42 (2006)&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description></item><item><title>Combien coûte la santé</title><link>https://drgoulu.com/2009/04/23/combien-coute-la-sante/</link><pubDate>Thu, 23 Apr 2009 00:00:00 +0000</pubDate><guid>https://drgoulu.com/2009/04/23/combien-coute-la-sante/</guid><description>&lt;p&gt;A l&amp;rsquo;occasion de la réouverture du débat sur le financement de l&amp;rsquo;assurance maladie en Suisse, épeluchons quelques chiffres avant d&amp;rsquo;esquisser quelques idées.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id="combien-ça-coûte-chez-les-autres"&gt;Combien ça coûte chez les autres&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Selon les données extraites du rapport &amp;ldquo;
&amp;rdquo;
et de ses &amp;ldquo;
&amp;rdquo;, la situation n&amp;rsquo;a pas beaucoup évolué depuis 
: la
est toujours le pays de l&amp;rsquo;OCDE consacrant la plus grande part de son PIB (11.6% en 2004) à la santé, à part les
(15.3%):&lt;/p&gt;
&lt;figure class="aligncenter" style="max-width: 496px; width: 100%;"&gt;&lt;a href="http://www.oecd.org/dataoecd/5/23/36985416.pdf" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img src="https://drgoulu.com/posts/2009/images/dc0d0a324cea1351b9c37d0cb8cd7d1e_hu_365395517a548025.webp" srcset="https://drgoulu.com/posts/2009/images/dc0d0a324cea1351b9c37d0cb8cd7d1e_hu_365395517a548025.webp 320w, https://drgoulu.com/posts/2009/images/dc0d0a324cea1351b9c37d0cb8cd7d1e_hu_e8fa854e2af8075e.webp 480w, https://drgoulu.com/posts/2009/images/dc0d0a324cea1351b9c37d0cb8cd7d1e_hu_4d9caf5b742b46e9.webp 760w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 496px" alt="health9004" loading="lazy" class="rounded-lg shadow-sm w-full h-auto" data-zoomable /&gt;&lt;/a&gt;&lt;figcaption&gt;Dépenses de santé en part du PIB, pays de l&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;On voit également que l&amp;rsquo;augmentation des coûts a été générale, à l&amp;rsquo;exception de la
, seul pays qui est parvenu à stabiliser ses coûts sur 14 ans, le
, la
et de
y parvenant presque aussi. L&amp;rsquo;augmentation des coûts en Suisse est très nette jusqu&amp;rsquo;en 2004, mais les
 montrent une stabilisation autour de 11% du PIB. Cette valeur est très proche de celle trouvée chez nos voisins de
ou
. Les différences de pouvoir d&amp;rsquo;achat modifient légèrement la donne lorsqu&amp;rsquo;on compare les dépenses par habitant, en dollars
. Un 
dépense autant en santé qu&amp;rsquo;un Suisse, mais nettement moins qu&amp;rsquo;un 
eois, comme on le voit ci-dessous :&lt;/p&gt;
&lt;figure class="aligncenter" style="max-width: 498px; width: 100%;"&gt;&lt;a href="http://www.oecd.org/dataoecd/5/22/36985438.pdf" target="_blank" rel="noopener"&gt;&lt;img src="https://drgoulu.com/posts/2009/images/d1ff24985deefd629b4cf7f50c1c4c57_hu_153667b83f2575bf.webp" srcset="https://drgoulu.com/posts/2009/images/d1ff24985deefd629b4cf7f50c1c4c57_hu_153667b83f2575bf.webp 320w, https://drgoulu.com/posts/2009/images/d1ff24985deefd629b4cf7f50c1c4c57_hu_42ed905377639d6e.webp 480w, https://drgoulu.com/posts/2009/images/d1ff24985deefd629b4cf7f50c1c4c57_hu_2139e914572f171e.webp 760w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 498px" alt="cout-sante" loading="lazy" class="rounded-lg shadow-sm w-full h-auto" data-zoomable /&gt;&lt;/a&gt;&lt;figcaption&gt;Dépenses de santé publiques et privées par habitant, pays de l&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;p&gt;Mais ce graphique montre un autre aspect intéressant : la répartition entre les coûts couverts par la collectivité (violet) et les dépenses privées (en bleu) varie beaucoup d&amp;rsquo;un pays à l&amp;rsquo;autre, sans qu&amp;rsquo;une corrélation visible ne permette de trouver un avantage à une solution plutôt qu&amp;rsquo;à une autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux USA, moins de la moitié (46%) de la facture de la santé est couverte par l&amp;rsquo;Etat. Suit la Suisse à 60%, puis seuls la
(62%) et les
 (62.5%) et le Canada (70%) sont en dessous de la moyenne de l&amp;rsquo;OCDE à 73%. A l&amp;rsquo;exception de la Grèce, tous ces pays se situent au dessus de la moyenne de l&amp;rsquo;OCDE à $2550/habitant, ce qui semble indiquer que le secteur privé ne maitrise pas mieux les coûts que le public.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id="pourquoi-la-santé-coûte-si-cher"&gt;Pourquoi la santé coûte si cher&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Grâce à la médecine, on vit plus longtemps. On s&amp;rsquo;attend donc à une corrélation entre les dépenses de santé et l&amp;rsquo;espérance de vie, mais elle n&amp;rsquo;est pas très nette*:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains pays comme la
atteignent aussi 80 ans d&amp;rsquo;espérance de vie, mais la santé n&amp;rsquo;y coûte que $140/habitant et par an seulement (soit 9.3% du PIB jordanien tout de même&amp;hellip;), alors que plusieurs pays africains dépensent plus alors que les nouveaux-nés ne peuvent
 y vivre que 50 ans. Est-ce donc bien parce qu&amp;rsquo;on dépense de l&amp;rsquo;argent dans la santé qu&amp;rsquo;on vit plus vieux ? Ou est-ce parce qu&amp;rsquo;on vit vieux que la santé coûte cher ? La question est délicate à plus d&amp;rsquo;un titre, mais une chose est certaine : le cout de la santé varie énormément avec l&amp;rsquo;âge, comme le montre ce graphique tiré des statistiques suisses
:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
La conséquence de ceci est qu&amp;rsquo;une petite augmentation de la part de personnes âgées dans la population correspond (dans les deux sens) à une forte augmentation des coûts de la santé. Ce n&amp;rsquo;est peut-être pas parce qu&amp;rsquo;il y a plus de médecins ou d&amp;rsquo;IRM que la santé coûte cher, mais parce qu&amp;rsquo;il y a plus de personnes (âgées) qui en ont besoin&amp;hellip;&lt;/p&gt;
&lt;h3 id="comment-réduire-les-coûts-de-la-santé"&gt;Comment réduire les coûts de la santé&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le scénario démographique
prédit que les coûts continueront à augmenter au rythme de 2% par an en moyenne et atteindront 16% du PIB suisse vers 2030, où l&amp;rsquo;espérance de vie atteindra 90 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ralentir cette croissance, un modèle potentiellement  intéressant est celui du 
. Les japonais jouissent d&amp;rsquo;un niveau de vie très élevé, de la plus grande espérance de vie du monde (82.6 ans), et leur population est particulièrement âgée. Pourtant leurs dépenses de santé sont inférieures à la moyenne de l&amp;rsquo;OCDE. Comment font-ils ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve très peu d&amp;rsquo;information sur le sujet (si vous en avez, elles sont les bienvenues dans les commentaires) mais selon le 
, leur situation est très différente de celle de la Suisse, voire de l&amp;rsquo;Europe:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;En raison d&amp;rsquo;un numerus clausus, il n&amp;rsquo;y a que 2.1 médecins japonais et 9.3 infirmiers-ères pour 1000 habitants, contre 3.8 médecins et 14.1 infirmiers-ères en Suisse (3.1 médecins et 9.7 infirmiers en moyenne dans l&amp;rsquo;OCDE).&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Par contre il y a 8.2 lits de soins intensifs pour 1000 japonais, contre 3.5 en Suisse (moyenne OCDE : 3.9)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;De plus le Japon possède près de 4x plus d&amp;rsquo;appareils
 par million d&amp;rsquo;habitants que la moyenne de l&amp;rsquo;OCDE, la Suisse juste un peu plus que la moyenne.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;h3 id="comment-financer-les-coûts-de-la-santé"&gt;Comment financer les coûts de la santé&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Comme on l&amp;rsquo;a vu plus haut, les faits ne donnent pas raison à ceux qui prétendent que les lois du marché sont plus efficaces que le financement public dans le domaine de la santé. A mon humble avis, ceci est du au fait que la &amp;ldquo;demande&amp;rdquo; de santé n&amp;rsquo;a pas de limite. A partir de quel tarif direz-vous à votre médecin : &amp;ldquo;c&amp;rsquo;est trop cher, je préfère crever&amp;hellip;&amp;rdquo; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;introduction de la Lamal en 1994 a introduit une solidarité entre générations : désormais les jeunes paient pour les vieux. (Pourvu que ça dure jusqu&amp;rsquo;à ce que je sois vieux moi aussi&amp;hellip;).  Mais la solidarité économique existe aussi, via les 60% de contribution publique d&amp;rsquo;une part et par les
le moins favorisé de la population.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plutôt que de définir des
impliquant encore plus de paperasse et d&amp;rsquo;administration, on peut obtenir exactement le même effet en augmentant la part publique dans les dépenses de la santé. En l&amp;rsquo;augmentant de 60% à 80%, la Suisse se retrouverait dans une situation proche de la Norvège ou du Japon, et &lt;strong&gt;les primes seraient divisées par deux!&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Note* :&lt;/em&gt;
&lt;em&gt;&amp;rdquo; est encore moins nette.&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 id="références"&gt;Références:&lt;/h3&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-1"&gt;&lt;/span&gt;&amp;quot;
&amp;quot;, OCDE, 2008&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-2"&gt;&lt;/span&gt;Mathieu Vuilleumier, Sonia Pellegrini et Claude Jeanrenaud &amp;ldquo;
&amp;quot;, Institut de recherches économiques, Université de Neuchâtel 31 octobre 2008&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;</description></item><item><title>Amiante : pas de panique ...</title><link>https://drgoulu.com/2008/02/01/amiante-pas-de-panique/</link><pubDate>Fri, 01 Feb 2008 00:00:00 +0000</pubDate><guid>https://drgoulu.com/2008/02/01/amiante-pas-de-panique/</guid><description>&lt;p&gt;Beaucoup de bâtiments contiennent de l&amp;rsquo;
. Cette fibre minérale a été utilisée jusqu&amp;rsquo;en 1990 dans des matériaux de construction très divers que l&amp;rsquo;on peut classer en 3 grandes catégories
:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;Amiante fortement aggloméré : l&amp;rsquo;amiante représente moins de 20% du poids et est fortement lié au matériau par un liant. Exemples : plaques en fibrociment, conduites, meubles de jardin, mais aussi plaques d&amp;rsquo;embrayage de voiture et joints d&amp;rsquo;étanchéité&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Amiante faiblement aggloméré : l&amp;rsquo;amiante représente plus de 40% du poids et est faiblement lié par un liant. C&amp;rsquo;est le cas de l&amp;rsquo;amiante &amp;ldquo;floqué&amp;rdquo; utilisé pour l&amp;rsquo;isolation et la protection contre l&amp;rsquo;incendie, ainsi que d&amp;rsquo;autres matériaux anti-feu, notamment des plaques de faux plafonds.&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;Amiante pur, non lié : joints anti-feu dans les chaudières, vêtements ignifuges.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;h2 id="maladies-professionnelles"&gt;Maladies professionnelles&lt;/h2&gt;
&lt;table&gt;
&lt;thead&gt;
&lt;tr&gt;
&lt;th&gt;&lt;figure class="alignright" style="max-width: 377px; width: 100%;"&gt;&lt;img src="https://drgoulu.com/posts/2008/images/ImageriePlaquesPleuralesRT.gif" alt="Asbestose (image Dr V. Latrabe. Service d&amp;#39;imagerie - Hôpital du Haut-Lévêque - Bordeaux )" loading="lazy" class="rounded-lg shadow-sm w-full h-auto" /&gt;&lt;figcaption&gt;Asbestose (image Dr V. Latrabe. Service d&amp;rsquo;imagerie - Hôpital du Haut-Lévêque - Bordeaux )&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/th&gt;
&lt;th&gt;&lt;figure class="alignright" style="max-width: 303px; width: 100%;"&gt;&lt;img src="https://drgoulu.com/posts/2008/images/ImagerieRT_Mesotheliome_02_hu_c9d9e4db76e24b4b.webp" srcset="https://drgoulu.com/posts/2008/images/ImagerieRT_Mesotheliome_02_hu_c9d9e4db76e24b4b.webp 303w" sizes="(max-width: 640px) 100vw, 303px" alt="Mésothéliome (image Dr V. Latrabe. Service d&amp;#39;imagerie - Hôpital du Haut-Lévêque - Bordeaux)" loading="lazy" class="rounded-lg shadow-sm w-full h-auto" data-zoomable /&gt;&lt;figcaption&gt;Mésothéliome (image Dr V. Latrabe. Service d&amp;rsquo;imagerie - Hôpital du Haut-Lévêque - Bordeaux)&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/th&gt;
&lt;/tr&gt;
&lt;/thead&gt;
&lt;tbody&gt;
&lt;/tbody&gt;
&lt;/table&gt;
&lt;p&gt;Si des fibres microscopiques atteignent les poumons, elles peuvent provoquer des maladies &amp;ldquo;bénignes&amp;rdquo; (au sens médical) comme l&amp;rsquo;
, ou malignes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux formes de cancer sont clairement liées à l&amp;rsquo;amiante : le cancer du poumon (carcinome bronchique) et le cancer de la plèvre (
). L&amp;rsquo;asbestose provoque des lésions des poumons typiques et est reconnue comme maladie professionnelle. C&amp;rsquo;est aussi le cas du mésothéliome:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class="border-l-4 border-neutral-300 dark:border-neutral-600 pl-4 italic text-neutral-600 dark:text-neutral-400 my-6"&gt;
&lt;p&gt;la part des cas de mésothéliome attribuable à une exposition professionnelle à l’amiante chez les hommes a été estimée à 83%. 
&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Bien que les cas de cancer du poumon soient nettement plus élevés chez les professionnels de l&amp;rsquo;amiante et les ouvriers du bâtiment, il est nettement plus difficile d&amp;rsquo;attribuer un cas précis de cancer du poumon à l&amp;rsquo;amiante, car la maladie est indiscernable d&amp;rsquo;un cancer du fumeur par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class="border-l-4 border-neutral-300 dark:border-neutral-600 pl-4 italic text-neutral-600 dark:text-neutral-400 my-6"&gt;
&lt;p&gt;9 carcinomes bronchiques sur 10 sont provoqués par la fumée. (&amp;hellip;) On observe aussi un risque plus important de développer un cancer du poumon chez les professionnels soumis au contact direct et à des concentrations très élevées d&amp;rsquo;amiante, de chrome, de nickel, de composés d&amp;rsquo;arsenic et de substances benzéniques. Le risque de cancer du poumon augmente encore lorsque plusieurs facteurs de risque sont réunis, par exemple lorsque des fumeurs respirent des fibres d&amp;rsquo;amiante. 
&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il faut noter que toutes les études concernant les effets de l&amp;rsquo;amiante concernent des professionnels de cette industrie ou de la construction. Les données actuelles ne permettant pas de déceler un impact statistiquement significatif sur les occupants de locaux contenant de l&amp;rsquo;amiante.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id="amiante-et-tabac"&gt;Amiante et tabac&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le Tribunal Fédéral n&amp;rsquo;a pas encore tranché le cas d&amp;rsquo;un fumeur atteint (et décédé) d&amp;rsquo;un carcinome bronchique, opposé à la SUVA qui refusait de reconnaître son cas comme maladie professionnelle bien qu&amp;rsquo;il ait été exposé à l&amp;rsquo;amiante. Dans son arrêt
, le Tribunal mentionne de nombreuses données provenant d&amp;rsquo;études sur les risques liées au tabac, à l&amp;rsquo;amiante, et à la combinaison des deux:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;(5.2.1) le risque de carcinome bronchique est multiplié par plus de 20 pour une consommation de tabac (de 25 cigarettes/jour). Pour l&amp;rsquo;amiante, un doublement de la fréquence du carcinome bronchique n&amp;rsquo;est observé qu&amp;rsquo;à des niveaux d&amp;rsquo;exposition relativement élevés&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;(5.2.2) le risque de carcinome bronchique est multiplié par 10.85 en moyenne pour les fumeurs, et par 5.17 en moyenne pour les personnes professionnellement exposées à l&amp;rsquo;amiante. Le risque est multiplié par 53.24 pour les personnes combinant les deux (!)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;(7.1) Le tribunal admet que le risque relatif est doublé à partir d&amp;rsquo;une exposition cumulative de 25 fibres/années, l&amp;rsquo;exposition cumulative en &amp;ldquo;fibres années&amp;rdquo; correspondant à a concentration moyenne de fibres d&amp;rsquo;amiante respirable par cm3 d&amp;rsquo;air, multipliée par le nombre d&amp;rsquo;années de travail (48 semaines par an, cinq jours par semaine et 8 heures par jour)&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;h2 id="valeur-limite-dexposition"&gt;Valeur limite d&amp;rsquo;exposition&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En Suisse:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class="border-l-4 border-neutral-300 dark:border-neutral-600 pl-4 italic text-neutral-600 dark:text-neutral-400 my-6"&gt;
&lt;p&gt;La valeur limite d’exposition (VME) pour l’amiante a été fixée à 0,01 fibre d’amiante/ml. Cette valeur se base sur les données épidémiologiques les plus récentes concernant la relation entre le niveau d’exposition à l’amiante et le mésothéliome ou le cancer du poumon. En principe, la VME est applicable à tous les postes de travail. Le risque de cancer lié à l’amiante dépend, comme pour tous les autres toxiques, de l’intensité et de la durée d’exposition. Pour les substances cancérigènes, il n’est pas possible de déterminer un niveau de concentration inoffensif avec suffisamment de sécurité dans l’état actuel de nos connaissances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L’exposition à l’amiante devrait donc toujours être la plus basse possible (principe de minimisation). On estime que ce principe est respecté lorsque, à des postes où l’on n’est pas censé travailler avec des matériaux contenant de l’amiante, le 10 % de la VME n’est pas dépassé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d’expositions de courte durée, on tient compte de la dose cumulative (fibres/années)&amp;quot; (*) 
&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En supposant qu&amp;rsquo;une personne travaille pendant 40 ans à plein temps à la concentration maximale autorisée, sa dose cumulative correspondrait à 0.4 fibres/année, soit 60x moins que les 25 fibres/année reconnus comme causant un doublement du risque, ou moitié de la dose de 1 fibre/an citée dans certaines études comme causant une augmentation de 1% du risque de cancer.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id="risques-objectifs"&gt;Risques objectifs&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;épidémie de cancers dus à l&amp;rsquo;amiante est réelle
: les personnes qui ont déversé des sacs d&amp;rsquo;amiante dans les usines, floqué ou défloqué des bâtiments sans protection il y a 20 ou 30 ans ont un risque élevé de développer une maladie des voies respiratoires dans les prochaines années.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a certainement également des cas dus à une exposition accidentelle à l&amp;rsquo;amiante suite à des travaux effectués dans des mauvaises conditions. En particulier, les personnes qui bricolent ou rénovent leur maison doivent être prudentes
.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut également citer dans ce contexte l&amp;rsquo;écroulement des tours du World Trade Center le 11/9/2001 qui a répandu des tonnes d&amp;rsquo;amiante dans le centre de New York. Les conséquences de cette catastrophe sur la santé permettront, hélas, de mieux cerner le risque lié à l&amp;rsquo;amiante, dans plusieurs décennies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, le risque lié à l&amp;rsquo;habitation ou au travail dans des locaux contenant de l&amp;rsquo;amiante est extraordinairement faible, voire nul, pour autant que l&amp;rsquo;air soit dans les normes définies par la VME.&lt;/p&gt;
&lt;h2 id="ecoles-et-bâtiments-publics-à-genève"&gt;Ecoles et bâtiments publics à Genève&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La problématique de l&amp;rsquo;amiante a rebondi récemment lors de l&amp;rsquo;annonce de deux cas de mésothéliome (?) chez des fonctionnaires du Cycle d&amp;rsquo;Orientation du Foron. Comme l&amp;rsquo;indique Vincent Perret, adjoint scientifique au Stipi
:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class="border-l-4 border-neutral-300 dark:border-neutral-600 pl-4 italic text-neutral-600 dark:text-neutral-400 my-6"&gt;
&lt;p&gt;Ces fonctionnaires ont pu être exposés ailleurs, en bricolant ou lors de leur enfance, car le mésothéliome se déclare après au moins quinze ans de latence. Ensuite, il se peut que les risques aient été sous-estimés lors de travaux effectués au Foron. Enfin, peut-être que les effets d&amp;rsquo;une faible exposition à long terme ont également été sous-évalués.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;La relation entre ces cas dramatiques et la salubrité du Cycle du Foron n&amp;rsquo;est donc pas clairement établie et ne le sera probablement jamais, mais la Ville et le Canton de Genève ont clairement accéléré le répertoire des locaux publics, scolaires en particulier, en vue de leur désamiantage:&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class="border-l-4 border-neutral-300 dark:border-neutral-600 pl-4 italic text-neutral-600 dark:text-neutral-400 my-6"&gt;
&lt;p&gt;la Ville de Genève a inspecté 26 écoles primaires sur ses 53 groupes scolaires. Bilan: 23 d&amp;rsquo;entre elles contiennent la fibre mortelle. Outre les Crêts-de-Champel, deux autres établissements primaires sont placés sur la liste d&amp;rsquo;urgence. A Vieusseux, les travaux de décontamination en sont à mi-parcours. L&amp;rsquo;école des Contamines devrait voir ses dangereux faux plafonds changés cet été (&amp;hellip;) l&amp;rsquo;Etat a listé en décembre 263 immeubles lui appartenant susceptibles de contenir des matériaux à base d&amp;rsquo;amiante. Entre cycles et collèges, ce sont 99 lieux scolaires qui sont contaminés, auxquels s&amp;rsquo;ajoutent 33 bâtiments universitaires.
&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;h2 id="que-pouvons-nous-faire-"&gt;Que pouvons nous faire ?&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Les bâtiments contenant de l&amp;rsquo;amiante floqué ou des faux plafonds amiantés ne sont pas forcément dangereux actuellement. Ils doivent être répertoriés pour être contrôlés périodiquement, et pour que les travaux qui s&amp;rsquo;y déroulent soient menés dans les conditions de sécurité optimale. Comme citoyens nous pouvons évidemment exiger que ceci soit fit sérieusement, mais il n&amp;rsquo;y a pas de raison d&amp;rsquo;en faire un priorité absolue non plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, pour éviter le cancer du poumon, nous pouvons faire quelque chose de très concret et simple : arrêter de fumer, et réduire la fumée passive. Sachez bien que si votre enfant fume, qu&amp;rsquo;il fréquente des amis fumeurs ou que vous mêmes fumez à la maison, il est exposé à un risque bien plus élevé que s&amp;rsquo;il étudie dans une classe pourvue de faux-plafonds amiantés.&lt;/p&gt;
&lt;h3 id="références"&gt;Références:&lt;/h3&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-1"&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-2"&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-3"&gt;&lt;/span&gt;&amp;quot;
&amp;quot;, Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire BEH n°41-42 (23 octobre 2007), Institut de Veille Sanitaire&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-4"&gt;&lt;/span&gt;&amp;quot;
: Causes. Symptômes. Diagnostic. Traitement. Pronostic&amp;quot;, Ligue Suisse contre le Cancer&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-5"&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-6"&gt;&lt;/span&gt;
SUVA&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-7"&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-8"&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-9"&gt;&lt;/span&gt;&amp;quot;
&amp;quot;, Marc Guéniat, &amp;ldquo;Tribune de Genève&amp;rdquo; 24 nov. 2007&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-10"&gt;&lt;/span&gt;
, Philippe Poirson, &amp;ldquo;Le Courrier&amp;rdquo; 19 jan. 2008&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;span id="ref-11"&gt;&lt;/span&gt;
&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;h3 id="note"&gt;Note:&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;* d&amp;rsquo;après la définition, on devrait plutôt parler de fibres*années&amp;hellip;&lt;/p&gt;</description></item><item><title>L’initiative pour la “caisse unique”</title><link>https://drgoulu.com/2007/02/09/linitiative-pour-la-caisse-unique/</link><pubDate>Fri, 09 Feb 2007 00:00:00 +0000</pubDate><guid>https://drgoulu.com/2007/02/09/linitiative-pour-la-caisse-unique/</guid><description>&lt;p&gt;
&lt;figure &gt;
&lt;div class="flex justify-center "&gt;
&lt;div class="w-full" &gt;
&lt;img alt=""
srcset="https://drgoulu.com/posts/2007/images/0ab5002eb0905a58eeb4fb81698bdb75_hu_9bdd3d2aff8b7a4b.webp 320w, https://drgoulu.com/posts/2007/images/0ab5002eb0905a58eeb4fb81698bdb75_hu_7eb002fc06ad019.webp 480w, https://drgoulu.com/posts/2007/images/0ab5002eb0905a58eeb4fb81698bdb75_hu_70caaca0e79eeda3.webp 640w"
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&lt;/div&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;initiative populaire sur laquelle le peuple et moi-même voterons le 11 mars propose de changer fondamentalement de système de santé en Suisse. Son
est exceptionnellement court et simple :&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class="border-l-4 border-neutral-300 dark:border-neutral-600 pl-4 italic text-neutral-600 dark:text-neutral-400 my-6"&gt;
&lt;p&gt;Art. 117, al. 3 (nouveau) La Confédération institue une caisse unique pour l&amp;rsquo;assurance obligatoire des soins. (&amp;hellip;) La loi règle le financement de la caisse. Elle fixe les primes en fonction de la capacité économique des assurés.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans un 
, j&amp;rsquo;ai montré que les coûts de la Santé en Suisse ne sont pas disproportionnés. Voyons maintenant si on pourrait quand même réduire la charge sur les ménages en adoptant le système proposé.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans beaucoup de pays européens (à majorité ou tradition socialiste), les coûts sont couverts à quasi 100% par l&amp;rsquo;Etat, au travers de la &amp;ldquo;sécurité sociale&amp;rdquo;. En Suisse, les coûts sont assumés:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;à 50% par les caisses-maladie, donc les primes des ménages&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;à 25% par les assurances complémentaires et les franchises des ménages&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;à 15% par les pouvoirs publics (essentiellement les subventions cantonales aux hôpitaux)&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;à 10% par les autres assurances sociales (assurance accident, assurance invalidité et assurance militaire)&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Ca fait donc 75% payés par les ménages et 25% au travers des impôts. Ce sont clairement ces 75%, qui posent problème à de nombreux ménages. Pour ma famille de 2 adultes et 2 enfants à Genève, ça représente par exemple plus de Frs 10'000/an &amp;hellip; La Solution ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L&amp;rsquo;initiative &amp;ldquo;pour une caisse unique&amp;rdquo; propose 2 solutions pour les 2 aspects du problème:&lt;/p&gt;
&lt;ol&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;La &amp;ldquo;caisse unique&amp;rdquo; pour maîtriser l&amp;rsquo;augmentation des coûts.&lt;/strong&gt; Comme on l&amp;rsquo;a vu dans l&amp;rsquo;
, la marge d&amp;rsquo;économie est faible, mais existe peut-être. Vaut-il la peine de bouleverser le système actuel pour quelques % hypothétiques, à vous de voir &amp;hellip;&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;&lt;strong&gt;Des &amp;ldquo;primes en fonction de la capacité économique des assurés&amp;rdquo; pour le financement.&lt;/strong&gt; En fait c&amp;rsquo;est le point important de l&amp;rsquo;initiative et en parlant systématiquement de la &amp;ldquo;caisse unique&amp;rdquo; on occulte ceci, ce qui était probablement le but des initiants&amp;hellip; Il faut bien réaliser que cette proposition ne réduit pas du tout les coûts : elle vise à les répartir différemment, mais &lt;strong&gt;sans dire comment !&lt;/strong&gt; &amp;ldquo;&lt;em&gt;La loi règle le financement de la caisse&amp;rdquo;&lt;/em&gt; permet en théorie de de moduler entre la situation 75%/25% actuelle et le 0%/100% de la &amp;ldquo;sécurité sociale&amp;rdquo;, puisqu&amp;rsquo;une prime dépendant du revenu, payée à une caisse unique, ça s&amp;rsquo;appelle un impôt.&lt;/li&gt;
&lt;/ol&gt;
&lt;p&gt;Et là toutes sortes de questions méritent d&amp;rsquo;être posées, mais ne le sont pas car &amp;ldquo;&lt;em&gt;La loi règle le financement de la caisse&amp;rdquo;&lt;/em&gt; donc on se les posera plus tard. Par exemple:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puisqu&amp;rsquo;il y aura toujours des primes fixées par canton, (les Suisse-allemands ne veulent parait-il pas payer pour les Romands, mais le sondage &amp;ldquo;
&amp;rdquo; dit le contraire) les riches paieront pour les pauvres dans le même canton, alors:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;peut-on faire un barème de progression de la prime qui ne dépende pas du canton ?&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;comment un canton de &amp;ldquo;pauvres&amp;rdquo; (Jura? désolé&amp;hellip;) pourra-t-il avoir des comptes équilibrés par rapport à un canton &amp;ldquo;de riches&amp;rdquo; (Zoug?)&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Je voterai donc &amp;ldquo;NON&amp;rdquo; à l&amp;rsquo;initiative &amp;ldquo;pour une caisse unique&amp;rdquo;:&lt;/p&gt;
&lt;ul&gt;
&lt;li&gt;parce qu&amp;rsquo;elle est populiste : elle appate le citoyen avec l&amp;rsquo;idée de payer moins de primes, mais ne réduit pas les coûts de manière convaincante,&lt;/li&gt;
&lt;li&gt;mais surtout parce qu&amp;rsquo;elle repousse la difficulté du financement sur une loi qui sera impossible à fixer.&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
&lt;p&gt;Dans un prochain article, je re-proposerai  une vieille &amp;ldquo;Idée Non Standard&amp;rdquo; sur le sujet, qui commence à faire son chemin &amp;hellip;&lt;/p&gt;</description></item></channel></rss>