On dit que la température de Vénus est trop élevée pour être explorée. Pourquoi la NASA n'y envoie-t-elle pas un drone pour l'explorer ?

On dit que la température de Vénus est trop élevée pour être explorée. Pourquoi la NASA n'y envoie-t-elle pas un drone pour l'explorer ?

6 février 2023 · 2 min. de lecture
quora Pourquoi

Réponse publiée sur Quora

Parce que la NASA sait que le drone serait cuit et écrabouillé bien avant d’atteindre la surface de Vénus.

La pression de l’Atmosphère de Vénus est de 93 bars, soit la pression qu’il y a sur Terre à 930m de profondeur dans les océans, donc la sonde (russe) Venera 13 qui détient le record de survie sur Vénus avec 127 minutes ressemblait plus à un bathyscaphe qu’à un drone :

La densité de l’atmosphère au niveau du sol est de 50x celle de la Terre , ce qui fait que les sondes vénusiennes n’ont même pas besoin de parachute ! Le frottement dans l’air de la sonde est suffisant pour la freiner, et à la fin elles “coule” dans l’atmosphère presque comme dans de l’eau jusqu’au sol.

Enfin, ce qui limite la durée de vie des sondes, c’est évidemment la température : 467°C ! A cette température, aucune électronique, aucun moteur ne fonctionne plus.

Les sondes Venera ont utilisé de grosses isolations et embarquaient un gros volume de matière froide .

Pour résister plus longtemps, il faut absolument refroidir activement la sonde. Et refroidir un truc quand il fait 467°C dehors, c’est pas simple. En fait on ne sait pas faire une pompe à chaleur qui fait ça. Il existe un projet de système de refroidissement qui durerait 24h en vaporisant de l’ammoniac et en l’évacuant dans l’atmosphère vénusienne.

Mais mon projet préféré est le Automaton Rover for Extreme Environments , un rover purement mécanique, utilisant une éolienne Savonius pour recharger un ressort spiral pour l’alimentation en énergie, un “ordinateur” à cames et engrenages genre machine de Babbage, et l’envoi d’informations vers une sonde en orbite en bougeant un réflecteur radar…

Dr. Goulu
Auteurs
Dr. Goulu (il/lui)
Ingénieur à la retraite, toujours curieux et voyageur
EPFL MS Informatique 1988, PhD automatique 1994, eMBA Management of Technology

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