Peut-on observer les effets de la relativité générale dans un système binaire de trous noirs ?
Réponse publiée sur Quora
Oh que oui !
Le plus beau à mon humble avis est OJ 287 dont je cause dans Ca c’est du trou noir, du vrai ! - Pourquoi Comment Combien :
OJ287 est un quasar , une galaxie très lointaine (3.5 milliards d’années lumière) dont le cœur est extrêmement lumineux, ce qui fait qu’on l’observe depuis plus d’un siècle. Or, approximativement tous les 12 ans, sa luminosité augmente en produisant deux flashes successifs.
En 1980, l’équipe finlandaise de Mauri Valtonen a proposé une explication au phénomène : OJ287 serait composé de deux trous noirs, l’un de 100 millions de masses solaires, soit 40 fois plus que celui du centre de la Voie Lactée . Et celui là, ce serait le petit : il tournerait autour d’un autre, de 18 milliards de Soleils ! Les flashes se produiraient lorsque le petit traverserait par deux fois le disque d’accrétion du grand, comme illustré sur la figure ci-contre.

Tout ceci n’aurait été que pure spéculation si les finlandais n’avaient pas prédit la date des prochains flashes : le 13 septembre 2007. Et à cette date, des dizaines de télescopes autour de la Terre ont enregistré le phénomène, validant du même coup beaucoup de choses:
- Les masses du duo de trous noirs : OJ 287 est le plus gros jamais mesuré, 6x plus lourd que le numéro 2.
- La théorie de la relativité. Albert avait expliqué la mystérieuse précession de l’orbite de Mercure de 0.1 degré par siècle, et ici les mêmes équations se sont révélées absolument parfaites et valables pour un objet monstrueux dont l’orbite se décale de 39 degrés par période de 12 ans !
- L’émission d’ondes gravitationnelles. Avec les instruments les plus sensibles actuellement, on a toujours pas réussi à mesurer ces ondes prévues par la Théorie, faute de phénomènes impliquant des masses importantes à portée de main. Or Valtonen a pu calculer que si OJ 287 ne dissipait pas d’énergie sous forme d’ondes gravitationnelles, les flashes se produiraient 20 jours plus tard.
Maintenant qu’on est capables de détecter ces fameuses ondes gravitationnelles produits lors des dernières secondes de la fusion d’objets massifs (trous noirs et/ou étoiles à neutrons), on a vérifié à de multiples reprises qu’ils se rapprochent à la vitesse exacte prédite par la relativité en raison de la perte d’énergie par ondes gravitationnelles.
En fait je retrouve maintenant qu’on savait ça depuis 1974 (prix Nobel en 1993) grâce à PSR B1913+16 .

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