Pourquoi les frontières existent toujours alors que les problèmes les plus importants que nous traversons (guerre, changement climatique, exil, etc.) auraient une toute autre perspective dans un monde unifié, un monde de l'espèce humaine ?
Réponse publiée sur Quora
parce que nous ne sommes pas des fourmis. Nous avons des diversités culturelles qui résultent de notre adaptation à différents climats, différentes conditions géographiques. On ne vit pas de la même manière sur des îles du Pacifique, dans le Sahara ou dans l’Himalaya.
Et pas besoin d’aller si loin : lors d’un voyage en Norvège, un pêcheur norvégien nous expliquait qu’il ne voulait pas que la Norvège adhère à l’UE parce que la gestion des quotas de pêche était plus stricte (! oui : un pêcheur voulait des quotas plus stricts !) en Norvège que dans l’UE, ce qui permettait à la Norvège de maintenir ses stocks de cabillaud/morue alors que ceux de l’UE étaient en baisse.
Et juste après nous avons rencontré une jeune espagnole titulaire d’un master en gestion de la pêche espagnol, au chômage chez elle, et qui vendait du poisson au marché de Bergen en 4 langues …
Un monde “unifié” ne permettrait pas de tenir compte de cette diversité. Regardez la Chine ou l’Inde ou même les USA : ils sont “unifiés” mais ont des tensions internes importantes entre leur classe dirigeante et les minorités. Ce qui marche, c’est la décentralisation.
Les humains vivent en petites tribus depuis des millions d’années, comme leurs cousins chimpanzés, bonobos, gorilles et autres. Pourtant nous avons réussi à augmenter notre Nombre de Dunbar à plus de 100, à créer des sociétés complexes avec un système hiérarchique, le système de communication planétaire que vous utilisez en ce moment .
Et nous avons depuis 1948 une Organisation des Nations Unies qui vaut ce qu’elle vaut, qui certes n’est pas parfaite mais a le mérite d’exister, ce qui est une énorme première dans l’histoire de l’humanité (bon, une seconde première si on compte la SDN…). Et si on arrivait à virer les membres permanents du conseil de sécurité et leur droit de véto, ça serait un sacré progrès.
La France et le Royaume-Uni pourraient envoyer un signal extrêmement fort en y renonçant unilatéralement, vu qu’ils n’utilisent plus ce droit. On peut rêver…

