Jusqu’à quel point l’ADN d’un individu change-t-il au cours de sa vie ? Qu’observe-t-on lorsque l’on compare l’ADN d’un même individu au début et à la fin de son existence ?
Réponse publiée sur Quora
En principe l’ADN ne change pas. Il devrait être copié fidèlement lors des très nombreuses divisions cellulaires au cours de la vie.
Mais si en théorie il n’y a pas de différences entre la théorie et la pratique, en pratique il y en a.
Entre les bugs lors de la réplication, les UV, la radioactivité naturelle, des substances toxiques et autres accidents, on estime qu’environ une base (A,C,T,G) sur 100'000 est détruite ou modifiée entre 2 divisions cellulaires.
Sachant qu’on a 6.4 milliards de nucléotides, on se retrouverait avec 64'000 mutations s’il n’y avait pas plusieurs mécanismes de réparation [1] qui réduisent le taux d’erreur d’un facteur 10'000 environ, jusqu’à seulement une erreur pour un milliard de (paires de) bases.
Et on a encore en plus des mécanismes d’élimination des cellules qui meurent ou dysfonctionnent à la suite de mutations trop graves.
Restent des mutations sans effet sur le fonctionnement de la cellule, par exemple sur des gènes qui ne sont pas activés, et qui ne peuvent être transmis à la descendance que s’il s’agit de cellules sexuelles ou de cellules qui produisent les gamètes (spermatozoïdes et ovocytes).
Et reste aussi, parfois, une cellule cancéreuse qui passe entre les mécanismes de défense …
Donc oui, on devrait trouver quelques différences génétiques entre les cellules d’un même individu, avec des écarts s’accentuant au cours de sa vie, mathématiquement environ 3^N où N est le nombre de générations cellulaires depuis le Zygote , l’ovule fécondée.
Reste un autre problème lié à l’âge, la réduction des Télomères .
Quand une cellule se divise, le mécanisme de réplication ne fonctionne pas jusqu’à l’extrémité des brins de l’ADN des chromosomes. Il en perd un bout à chaque fois. L’évolution a donc eu la bonne idée de rendre une certaine longueur de l’ADN du bout de chaque chromosome inutile : les télomères.
Quand on n’a plus de télomères, on est vieux (ou vice-versa…) et la réplication commence à perdre des bouts d’ADN potentiellement utiles, et là ça sent assez vite le sapin.
De plus, comme ces télomères sont au bout des chromosomes, inutiles et donc pas vraiment bien réparés en cas de problème, ils sont sensibles à plus de choses que l’ADN utile.
Notamment au tabagisme, alcoolisme et autres mauvaises habitudes dont votre maman vous a parlé quand vous étiez petit (mais pas toutes). Et aussi aux inflammations et au stress, maintenant c’est très clair [2] . Tout ça accélère le vieillissement en raccourcissant prématurément vos télomères.
Alors passez un bon week-end relax et peinard dans la nature avec les gens que vous aimez, recommencez souvent, et vous vivrez plus longtemps
Notes de bas de page

Sur le même sujet
- Existe-t-il un nombre infini de combinaison possible de l'ADN, et si non, combien cela prendrait-il d'humains avant que la même combinaison se reproduise ?
- Les nourrissons peuvent-ils souffrir de mutations génétiques ? Quel est le taux de mutation génétique chez les nourrissons ?
- comment vous arrivez à 46 millions ?si vous comptez juste les chromosomes, les e...
- Les molécules de deux vrais jumeaux sont-elles intriquées, et le restent-elles durant toute leur vie ?
- Existe-t-il un type d'ADN qui résiste aux fortes radiations ? Peut-on envisager qu'un jour notre espèce s'y soit adapté ou est-ce physiquement totalement improbable ?
