Comment ce fait il qu' entre les années 1900 et les années 2000, les moeurs,la technologie, et le monde en général aient évolué aussi vite en à peine 100 ans? C'est comme si les personnes âgées semblent avoir traversé plusieurs univers.
Réponse publiée sur Quora
D’abord, la Population mondiale est passée de 1.7 milliards en 1900 à 6.1 milliards en 2000 : multiplication du nombre de cerveaux par 3.6
Dans le même temps, l’ Espérance de vie humaine est passée de 40 ans à 75, donc chaque cerveau peut penser deux fois plus longtemps.
D’ailleurs, 4 fois plus de gens sont alphabétisés[1] , un fantastique progrès du 20ème siècle dont on parle peu.
Ensuite la publication, la transmission et la diffusion des informations va au moins 10 fois plus vite, et je suis gentil. Ce qui prend le plus de temps, c’est ce foutu clavier qui limite dramatiquement la bande passante sortante de notre cerveau et la lecture qui freine lamentablement l’entrée. Mais entre deux on a un accès instantané à l’information du monde entier : plus besoin d’aller à la bibliothèque fouiller dans la cartothèque pour trouver LE bouquin à commander qui arrivera dans 2 mois .
En multipliant les facteurs ci-dessus, je prétends que la connaissance progresse au moins 100x plus vite aujourd’hui qu’il y a un siècle. Chaque semaine qui passe nous en apprend autant que les années 1921 et 1922 ensemble …
Et ce savoir s’accumule, on oublie plus rien…
Sur “les personnes âgées qui semblent avoir traversé plusieurs univers”, je repense à ma grand-mère décédée en 2003 à 92 ans. Peu avant, je l’avais emmené dans sa ville natale, Spiez au bord du lac de Thoune, et nous nous promenions avec mes filles qui avaient autour de 10 ans. Ma “grossmueti” leur décrivait la première voiture qu’elle avait vu, celle du médecin. Et puis le premier téléphone, à la poste… Et soudain elle a dit “mais j’ai aussi vu quelque chose d’extraordinaire que vous ne verrez jamais…” Je me suis demandé un instant à quoi elle pensait, et elle a dit “les Zeppelin ! ils traversaient les Alpes entre l’Allemagne et l’Italie, lentement, dans un bruit énorme, plus grands que les bateaux sur le lac…”[2]
Notes de bas de page

