Quels sont les exemples de gens ordinaires qui ont fait une invention ou une innovation qui a enrichi quelqu'un d'autre ?
Réponse publiée sur Quora
tous les ingénieurs R&D du monde.
si on invente quelque chose en étant salarié, même si c’est à la maison dans sa baignoire, l’invention appartient à l’employeur. Si l’invention est brevetée, l’ingénieur est mentionné comme inventeur, mais le propriétaire du brevet est automatiquement l’ “assignee” en anglais ou le “cessionnaire” mentionné sur le brevet.
A moins que le contrat de travail ne le spécifie explicitement ou que l’employeur soit généreux et reconnaissant, l’inventeur n’a droit à aucune prime, participation aux bénéfices ou autre avantage.
C’est comme ça.
Après, il faut rappeler qu’une invention ou innovation ne vaut rien s’il n’y a pas de clients qui achètent un produit grâce à ça. Il y a énormément d’inventions qui ne sont jamais commercialisées avec succès.
Mon tonton a déposé une bonne centaine de brevets pendant sa carrière dans la chimie industrielle. Il estime qu’il y en a deux qui ont vraiment rapporté du pognon à son employeur, et une dizaine qui ont payé le salaire de quelques personnes dont lui. Le reste était des faux espoirs, des contournements de brevets de concurrents, et des blocages de concurrents.
Donc lorsque certains s’esbaudissent que Nikola Tesla ait déposé 300 brevets (pour 111 inventions distinctes) et s’indignent qu’Edison ait la propriété d’une bonne partie, c’est parfaitement normal et cohérent. Disons qu’une dizaine de brevets de Tesla valaient vraiment le coup (radio, machine synchrone …) les autres ont très bien lui faire perdre une fortune …
Et avec 111 inventions, il ne figure même pas dans la liste des inventeurs les plus prolifiques , intéressante parce qu’elle fait apparaître le cessionnaire majoritaire, qui est parfois l’entreprise appartenant à l’‘inventeur, mais pas souvent…
Sérieusement, quand on voit que Shunpei Yamazaki a déposé 5814 brevets en 50 ans, soit pratiquement un tous les 3 jours week-ends et vacances comprises, on peut légitimement se demander si les brevets ne souffrent pas des mêmes maux que la publication scientifique…

