Si la Guerre Froide n’a pas dégénéré en troisième (et ultime) guerre mondiale, c’est en partie car les deux blocs disposaient d’un arsenal permettant la "destruction mutuelle assurée". La Chine pouvait-elle se passer d’armes nucléaires, en cas de conflit avec l’une des grandes puissances ? Certainement pas.
L’Inde a du se prémunir contre son puissant voisin et a développé une arme nucléaire malgré le Traité de Non Prolifération. Le Pakistan ne pouvait dès lors pas éviter de faire de même, ce qui a peut-être évité que le conflit au Cachemire ne dégénère, voire contribué à un début de solution. Israël également a violé le TNP et bénéficie maintenant d’une dissuasion efficace, mais se retrouve également perçu comme une menace par ses voisins qui ne disposent pas de moyens leur permettant de combattre "à armes égales" en cas de conflit.
A portée de tir de ces deux pays en état de guerre permanent, voisin de l’Irak et de l'Afghanistan occupés par deux puissances nucléaires sous des prétextes divers, l’Iran se sent dans l’obligation se doter d’armes atomiques pour des raisons stratégiques. Mollahs, Shah ou Ayatollahs, peu importe : tout pays entouré d'adversaires voire d'ennemis mieux armés se doit de réagir. Si les iraniens poursuivent leur programme nucléaire, c'est parce qu'ils n'ont objectivement plus le choix.
Je préfèrerais évidemment que de telles armes soient contrôlées par des gouvernements démocratiques stables, mais l’Histoire a clairement montré à Hiroshima et Nagasaki que cette condition n’est pas suffisante pour éviter leur utilisation. C’est bel et bien la possession de ces armes par les deux belligérants qui a empêché les conflits majeurs, car l'accession au statut de puissance nucléaire force tous les échelons d'un Etat et de son armée à endosser la responsabilité d'une attaque, qui résulterait immanquablement en représailles terrifiantes.
Le paradoxe nucléaire est là : comme les autres pays dotés de la bombe, l'Iran est forcé de se procurer une arme inutilisable sous peine de destruction totale.

















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Hubert Védrine, Ancien ministre français des Affaires étrangères et spécialiste du Moyen-Orient a écrit un magnifique article sur le sujet : « Iran : comment éviter d’avoir à choisir entre la bombe et les bombardements« , repris dans « Le Temps » d’aujourd’hui.
Il me semble décrire à mots soigneusement choisis le nouveau discours va-t-en-guerre des parrains de G.W. qui aimeraient bien n’avoir à changer qu’une lettre à leur propagande à propos de l’Iraq. En changeant le « Q » en « N » ça donnerait : « Nous avons des preuves convainantes nue l’Iran prépare des armes atominues » …
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